L’Université de Sherbrooke accueille une chaire sur le genre et les dépendances

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Par Ali Dostie
L’Université de Sherbrooke accueille une chaire sur le genre et les dépendances
professeure-chercheuse Karine Bertrand, du Département des sciences de la santé communautaire à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (Photo : Gracieuseté)

L’Université de Sherbrooke à Longueuil accueille une chaire de recherche qui étudiera l’influence du sexe et du genre sur les dépendances aux substances psychoactives. Il s’agit d’une chaire unique au Canada.

Les travaux seront menés par la professeure-chercheuse Karine Bertrand, du Département des sciences de la santé communautaire à la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

La consommation de psychotropes et les conduites à risque associées représentent un enjeu de société majeur. Une réalité d’autant plus vraie en temps de crise.

«Au Québec comme ailleurs, nous ne pouvons plus ignorer la faible visibilité des femmes et des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre (personnes LBTQI2S+) vivant en situation de précarité sociale, dans les services en dépendance, relève Mme Bertrand. Ces populations font face à de multiples obstacles qui peuvent entraver leur accès à des soins de santé et aux services sociaux, et notamment aux services en dépendance, étant donné que ceux-ci sont souvent peu adaptés à leur vécu et leurs besoins.»

Avec la Chaire de recherche sur le genre et l’intervention en dépendance, la professeure-chercheuse espère améliorer les interventions en dépendance, par une meilleure compréhension de l’influence du genre et de la diversité sexuelle sur les trajectoires d’usage de substances psychoactives, et l’accès aux soins.

«Cette nouvelle chaire permettra de combler des lacunes importantes dans nos connaissances, afin de transformer les services et les interventions en dépendance, pour réduire les iniquités par une meilleure adaptation des pratiques aux facteurs reliés au sexe et au genre qui, jusqu’à maintenant, n’ont été que trop peu pris en compte», expose-t-elle.

La chaire vise par ailleurs à mobiliser des acteurs-clés pour réduire les iniquités dans l’accès aux services, prévenir l’aggravation de la consommation de substances psychoactives et favoriser le rétablissement.

Maillage

La professeure Bertrand bénéficie de collaborations étroites avec des acteurs en santé publique de la Montérégie. Elle entretient également des liens importants avec de nombreux intervenants en dépendance à Montréal.

Selon la professeure Bertrand, l’implantation de la chaire à Longueuil crée une occasion pour rehausser le maillage entre les acteurs des deux territoires:

«Favoriser ce maillage d’acteurs communautaires et institutionnels à Longueuil et à Montréal est l’une des priorités de la Chaire. C’est encore plus important dans le contexte actuel de pandémie et de crise socioéconomique, qui a mis en relief le besoin de collaborer afin de mieux joindre des personnes vivant diverses situations de précarité, qui se déplacent d’un territoire à l’autre, et qui sont souvent aux prises avec des problématiques associées de santé mentale et de dépendance.»

Des projets actuels et en cours de développement visent ainsi à augmenter la compréhension de ces réalités et à améliorer les services en itinérance et en dépendance.

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