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Ministère de l’Environnement: les règles régissant les lieux d’élimination de neige sont en cours de révision

vendredi le 23 avril 2021
Modifié à 16 h 55 min le 22 avril 2021
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

Des échantillons de l’eau coulant dans le boisé Du Tremblay en provenance du dépôt à neiges usées du chemin du Tremblay sont toujours en cours d’analyse par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Ce dernier a d’ailleurs entamé un processus de révision concernant les règles qui régit les lieux d’élimination de neige, dont celles des critères d’acceptabilité de rejets. Rappelons que les citoyens Patrick R Bourgeois et Tommy Montpetit ont récemment décrié la présence d’une eau blanchâtre provenant vraisemblablement du dépôt de neiges usées et se déversant dans un ruisseau du refuge faunique, qui est un lieu de reproduction de la rainette faux-grillon. La Ville a depuis publié les résultats des échantillons prélevés, dont un seul affichait un taux au-dessus de la norme de matière en suspension. Échantillons en analyse Après une première visite sur les lieux le 10 avril par Urgence-Environnement, le MELCC a prélevé des échantillons de l’eau coulant dans le boisé en provenance du dépôt à neiges. «Le Ministère analyse actuellement les informations recueillies afin d’évaluer s’il y a des manquements, auxquels cas il appliquera rigoureusement la directive de traitement des manquements», relève le porte-parole régional du Ministère Daniel Messier. Aucun recours n’est écarté advenant des manquements à la Loi sur la qualité de l’environnement ou au Règlement sur les lieux d’élimination de neige. Le Ministère assure également un suivi auprès des responsables de la Ville de Longueuil. Révision en cours S’indignant de ce qu’elle qualifiait de «pollution majeure», la Fondation Rivières a réclamé au ministre de l’Environnement la semaine dernière une révision des autorisations émises entourant les dépôts à neige. Elle demande une révision des normes afin qu’elles tiennent compte de la fragilité de certains milieux. «Les critères de conception sont trop faibles et ne tiennent pas compte du milieu récepteur», soulève Alain Saladzius, ingénieur et président de la Fondation Rivières. Appelé à réagir sur cette requête, le MELCC indique qu’un processus de révision du Guide d'aménagement des lieux d'élimination de neige et mise en oeuvre du Règlement sur les lieux d'élimination de neige est en cours. «Des changements aux critères d’acceptabilité de rejets sont entre autres prévus à sa nouvelle mouture», a détaillé M. Messier. La nouvelle version du Guide pourrait être prête pour l’hiver 2022. Ce guide fournit aux exploitants municipaux et privés une aide technique en lien au choix, à l’aménagement et à l’exploitation des lieux d’élimination de neige (LEN). Pour obtenir un autorisation pour exploiter un LEN, «un dépôt terrestre doit notamment effectuer un traitement des eaux de fonte avant leur rejet dans le milieu récepteur, explique M. Messier. Il est aussi demandé de réaliser un suivi afin d’évaluer la performance des ouvrages d’élimination des neiges usées, mais également pour contrôler les rejets dans l’environnement.» Au chapitre de la réglementation, le MELCC encadre le transport et le dépôt de la neige afin de protéger l’environnement des possibles contaminations qui pourraient en découler. «Une révision plus en profondeur de la réglementation pourrait être envisagée», avance M. Messier. En décembre dernier, le nouveau Règlement sur la gestion de la neige, des sels de voirie et des abrasifs est entré en vigueur. Aller au-delà À la séance du conseil du 20 avril, le conseiller Éric Bouchard a précisé qu’il a été demandé à l’administration de rencontrer les organismes impliqués afin d’avoir un portrait clair de ce qui a été fait jusqu’à maintenant dans le dossier. «S’il y a quelque chose à faire, la Ville va agir», confirme-t-il. Il affirme aussi que les exigences du MELCC ont été respectées par la Ville. La conseillère Nathalie Boisclair estime que les exigences du Ministère ne sont pas très élevées, notamment quant au nombre de prélèvements exigés annuellement. «Il y a ce qu’on doit faire, et ce qu’on devrait faire en plus. La question à se poser, c’est : compte tenu qu’on sait que le dépôt est situé à proximité d’un site de reproduction de la rainette, peut-être que les exigences devraient être plus élevées.»