Ottawa octroie 304 000$ pour la prévention de l’extrême-droite

Par Stagiaire
Ottawa octroie 304 000$ pour la prévention de l’extrême-droite
(Photo : Charles-Émile L'Italien-Marcotte - Le Courrier du Sud)

La députée fédérale de Longueuil–Charles-LeMoyne Sherry Romanado a annoncé ce matin une subvention de 304 253$ au Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR). Ce financement sur trois ans servira à un projet de recherche sur l’extrême-droite au Québec.

Le projet Mouvements identitaires et d’extrême-droite au Québec vise à faire le portrait de l’extrême-droite dans la province. Les chercheurs vont d’abord faire une revue de la presse et des réseaux sociaux québécois pour comprendre la mouvance d’extrême-droite, puis développer des outils de formation pour prévenir la radicalisation.

La subvention accordée au CEFIR provient du Fonds pour la résilience communautaire. Mis sur pied par Sécurité publique Canada en 2017, celui-ci est géré par le Centre canadien d’engagement communautaire et de prévention de la violence.

Problème croissant

«Les crimes haineux ont augmenté de 47% l’an dernier, affirme Sherry Romanado. Il n’y a pas de place pour ça au Canada.»

Cette augmentation comprend les graffitis et les messages haineux, qui sont souvent l’œuvre de groupes de la mouvance d’extrême-droite.

«Ces groupes sont très actifs en ligne, ajoute la députée. Ils conduisent à une culture de peur.»

Mme Romanado félicite les nombreuses initiatives de lutte contre l’extrémisme de droite, au moment où les événements à caractère raciste se multiplient. Elle rappelle ainsi les attentats à la mosquée de Québec, à Christchurch, à Pittsburgh et au Sri Lanka, avant de mentionner «l’attaque misogyne» au camion-bélier de Toronto en 2018.

«Si nous pouvons mieux comprendre les comportements et les motivations qui alimentent le mouvement d’extrême-droite actuel au Québec, déclare Sherry Romanado, nous pouvons aider les organisations locales et les services policiers à élaborer de meilleurs outils et stratégies pour contrer cette idéologie dangereuse et assurer la sécurité de nos collectivités.»

Le CEFIR au cœur de l’action

Le directeur et chercheur principal du CEFIR Martin Geoffroy salue le financement octroyé par le gouvernement fédéral.

«Cette subvention vient consolider le positionnement du CEFIR comme un centre de recherche et de formation, mentionne-t-il. La normalisation de l’extrême-droite doit être limitée grâce à la pédagogie sociale et numérique.»

Le CEFIR est basé au cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil. Il regroupe trois autres institutions d’enseignement: le cégep de Saint-Hyacinthe, le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu et le collège militaire royal de Saint-Jean.

Le Service de police de l’agglomération Longueuil (SPAL) fait aussi partie de ses partenaires.

«Il serait possible d’exporter le modèle à d’autres cégeps», croit Martin Geoffroy.

La mission du CEFIR comprend aussi un volet de formation, notamment pour les étudiants qui participent aux projets de recherche comme Mouvements identitaires et d’extrême-droite au Québec.

Martin Geoffroy ajoute que c’est le centre qui a sollicité l’aide financière du gouvernement du Canada.

«Les membres veulent découvrir des faits, précise-t-il. Pour cela, il faut faire de la recherche et c’est impossible sans financement.»

«La radicalisation ne sera pas réglée demain matin, mais on veut changer les mentalités» conclut-il.

Financement de Québec?

La députée provinciale de Marie-Victorin Catherine Fournier estime que le gouvernement du Québec devrait aussi participer au financement du CEFIR.

Elle déplore le fait qu’aucune initiative de lutte à la radicalisation ne reçoive de financement, malgré les 23 M$ dédiés à cette fin dans le dernier budget du Québec.

«Comme société, nous devons rejeter tous les extrêmes, et cela passe par la recherche», juge-t-elle.

 

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