PHOTOS – Albert LeBeau remet en question la localisation du chemin de Chambly en Nouvelle-France

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Par Vicky Girard
PHOTOS – Albert LeBeau remet en question la localisation du chemin de Chambly en Nouvelle-France
Le chemin de Chambly (Photo : Le Courrier du Sud - Denis Germain)

Selon la majorité des historiens, le chemin de Chambly qui passait par Longueuil serait le premier lien routier de la Nouvelle-France, établi en 1665. Albert LeBeau remet toutefois en question cette hypothèse, à partir notamment de cartes qui, selon lui, prouvent que le chemin reliant le fort de Chambly à Montréal passait par La Prairie.

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L’un des arguments de M. LeBeau s’appuie sur une carte française datée de 1717. Selon cette carte, ainsi que d’autres documents d’archives, à l’automne 1665, après la construction de plusieurs forts sur le Richelieu, le colonel commandant du Régiment de Carignan, Henri Chastelard Marquis de Salières, a reçu l’ordre du nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, Daniel de Rémy de Courcelles, de construire un chemin reliant le fort de Chambly au fleuve Saint-Laurent et à Montréal.

Carte militaire indiquant selon Albert LeBeau qu’un seul chemin partait du fort de Chambly en direction de Montréal et que celui-ci passait par le nord-ouest en direction de La Prairie-de-la-Magdeleine (Photo : Gracieuseté)

«La distance en ligne droite vers le futur emplacement de Longueuil était de 21,5 km tandis que la distance en ligne droite vers La Prairie n’était que de 17,5 km», écrit M. LeBeau.

De plus, un chemin vers Longueuil nécessitait un pont pour enjamber la rivière l’Acadie, alors qu’en direction de La Prairie, «une piste ou un sentier indien» existait déjà. Ce qui favorisait que le chemin soit à cet endroit.

Auparavant, en 1611, le grand explorateur Samuel De Champlain avait visité La Prairie en canot. Ses écrits et indications sur une carte évoquent également l’existence du chemin «royal» de Chambly à ce lieu.

Puis, en 1717, 13 ans après l’approbation de travaux routiers par le roi Louis XIV à la suite de la signature du traité de la Grande Paix de Montréal, une carte militaire indique qu’il n’y a qu’un seul chemin du fort de Chambly à Montréal. Il est inscrit sur cette dernière que le tracé «va se rendre à la prairie de la Magdeleine par terre».

Plusieurs cartes à l’appui

Selon M. LeBeau, outre la carte trouvée au début de la colonie dans la Relation des Jésuites en 1664 et 1665, aucune carte ne laisse croire qu’un chemin menait du fort de Chambly à Longueuil, «alors qu’au contraire, toutes sans exception indiquent clairement un tracé en direction de La Prairie».

D’autres preuves pour appuyer son hypothèse sont présentées par M. LeBeau, dont entre autres une carte allemande datant de 1776, ainsi que des écrits du général britannique James Murray et une carte du capitaine Jonathan Carver de 1763.

Albert LeBeau (Photo : Le Courrier du Sud – Denis Germain)

Le chemin de Chambly aujourd’hui

Albert LeBeau indique qu’au début du 19e siècle, lors de la construction du chemin de fer La Prairie–Saint-Jean, le vieux chemin de Chambly a perdu de son importance. Son nom sera notamment changé pour celui que nous connaissons aujourd’hui, le chemin de Saint-Jean à La Prairie.

Le tracé du chemin «Longueuil/Chambly» qui existe de nos jours n’apparaîtra quant à lui sur la carte qu’en 1815, soit 150 ans après la venue du Régiment de Carignan et après 50 ans de régime britannique, affirme M. LeBeau. Ce nouveau tracé ne deviendra utilisable qu’au moment de la fondation, au milieu du 19e siècle, des paroisses de Saint-Hubert et de Carignan et la venue du chemin de fer de la compagnie St. Lawrence & Atlantic Railway.

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