PHOTOS – Chemin de Chambly : deux historiens contestent les affirmations d’Albert LeBeau

Vicky Girard et Geneviève Michaud
PHOTOS – Chemin de Chambly : deux historiens contestent les affirmations d’Albert LeBeau
Le chemin de Chambly d'antan (Photo : Le Courrier du Sud - Archives)

Michel Pratt et Paul-Henri Hudon, respectivement ancien président de la Société historique et culturelle du Marigot et ancien président de la Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, réfutent les arguments d’Albert LeBeau et maintiennent que le chemin de Chambly passant par Longueuil est «le bon».

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Selon Michel Pratt, les nombreuses preuves du passé permettent d’affirmer qu’il y a «définitivement eu un chemin entre Chambly et Longueuil», un chemin étroit qui permettait de faire passer l’armée française.

Il s’appuie entre autres sur la fameuse carte que l’on trouve dans la Relation des Jésuites, dont fait également mention Albert LeBeau.

Michel Pratt est l’ancien président de la Société historique et culturelle du Marigot (Photo : Le Courrier du Sud – Archives)

«Vous mentionnez vous même que la carte dans la Relation des Jésuites est la seule de cette époque, soulignait-il dans un courriel adressé à M. LeBeau en avril dernier. En quoi pouvez-vous démontrer qu’elle n’est pas crédible? Chose certaine, cela signifie qu’il n’y a donc aucun autre chemin que celui de Longueuil qui relie directement les berges du Saint-Laurent à Chambly en 1666-1667.»

Pour Michel Pratt, se référer à des cartes des années 1700, comme le fait M. LeBeau, est inutile quand on cherche à identifier quel tracé peut être qualifié de «première route».

Description claire

Paul-Henri Hudon soutient de son côté que «tout est clair lorsqu’on lit la description qu’écrivait Levasseur de Néré en 1704 des chemins menant de Montréal à Chambly».

Selon les archives, il y avait trois de ces chemins, soit deux dans les bois, dont l’un passant par Longueuil et l’autre par La Prairie. Ce dernier était considéré comme plus praticable, mais moins fréquenté.

Levasseur de Néré qualifiait en effet le chemin passant par La Prairie de «sentier fermé qui, de tout temps, a été la route des Sauvages» et qui était plus long d’une demi-lieue que celui qui passait par Longueuil.

M. Hudon cite également l’intendant Hocquart, qui disait en 1732 que «rien ne serait plus utile pour l’économie du roi et pour l’accroissement de cette colonie que de rendre praticable, été comme hiver, le chemin qui est tracé de Longueuil à Chambly».

L’historien souligne finalement que le patrimoine toponymique de la Ville de Longueuil indique, dans sa description du chemin de Chambly, que «certains documents attestent que ce chemin fut effectivement ouvert de Chambly à Longueuil à travers bois et marécages, et fut la première voie carrossable au Canada». L’officialisation de ce contenu, qui est contesté par Albert LeBeau, est datée de 1994.

Réplique

Albert LeBeau réplique aux affirmations de Paul-Henri Hudon en soutenant que «la base de son argument favorisant l’hypothèse d’un chemin en direction de Longueuil ainsi que sa conclusion est une prémisse qui, selon moi, est fausse, à savoir que ce chemin d’abord militaire a été abandonné à l’entretien seigneurial et a tout simplement disparu par la suite».

À son avis, le chemin menant à Longueuil n’existait tout simplement pas pendant le Régime français et n’était «qu’un passage ou une piste dans le bois utilisé pendant les mois d’hiver».

Selon ses recherches, le projet de l’intendant Hocquart d’améliorer le chemin passant par Longueuil en 1732 n’a pas abouti.

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