PHOTOS – De petits et grands gestes pour soutenir une école du Malawi

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Par Ali Dostie
PHOTOS – De petits et grands gestes pour soutenir une école du Malawi
Des élèves de l’école Chitzanso (Photo : Gracieuseté)

Renaud Bélanger-Royer est revenu transformé d’un voyage de six mois en Afrique, qui s’est terminé à Cape Maclear, au Malawi. Des rencontres qui l’ont incité à lancer sa propre fondation, qui apporte un soutien à l’école de cette communauté de quelques milliers d’habitants.

Début janvier, l’école Chitzanso a reçu une livraison de 3000 cahiers de note, 300 règles et 500 crayons; un don de la RaG Foundation.

«Un peu de concret, un peu d’espoir.» Tel est le message qui coiffe la photo publiée sur Facebook de dizaines de jeunes qui tiennent haut dans les airs leurs cahiers tout neufs.

Voilà un exemple tangible du soutien que veut offrir Renaud Bélanger-Royer à cette communauté du Malawi, qu’il a découverte à l’occasion d’un voyage en 2018 (voir plus bas).

Renaud Bélanger-Royer à Cape Maclear

En plus d’une première campagne de financement et de la vente de t-shirts, il a créé une marche annuelle en décembre dernier. Pendant 5 jours et 5 nuits, il a arpenté en solo les sentiers de l’Estrie, entre Sutton et Lake Fraser.

«Le gros du message était que je ferais la marche pratiquement à la belle étoile – j’avais une tente –, parce qu’au Malawi, décembre est le mois le plus chaud et tout le monde dort dehors.»

D’où le nom de l’événement, Sous le même ciel. Cette collecte de fonds, toujours active sur la plateforme québécoise Yapla, a permis de récolter jusqu’à maintenant plus de 1200$.

M. Bélanger-Royer espère ainsi amasser des dons qui serviront à payer l’uniforme à des enfants qui ne fréquentent pas l’école. Depuis 2018, l’uniforme est obligatoire au Malawi. «Et huit dollars canadiens, c’est cher quand tu gagnes seulement 1,50$ par jour», illustre celui qui a été Longueuillois pendant plus de 6 ans.

Il a aussi réussi à rassembler six tablettes électroniques, qui seront installées à l’école en juillet prochain. Avec le logiciel Duolingo, les élèves pourront apprendre l’anglais.

Mission : éducation

Des élèves de l’école Chitzanso

Derrière ces initiatives, faciliter l’accès à l’éducation, dans ce pays où une part très marginale des élèves se rendent à l’université, est la grande mission.

«Durant mon voyage, je voyais des enfants jouer dans l’eau, au beau milieu de la journée. Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé qu’ils auraient dû être à l’école», raconte-t-il.

Des parents font le choix d’envoyer les enfants travailler, afin qu’ils puissent rapporter des sous à la famille. «Mais ce sera plus fructueux si les enfants vont à l’école, fait valoir Renaud Bélanger-Royer. C’est important d’éduquer les parents, pour ne pas qu’ils forcent les enfants à aller à la pêche.»

Le Québécois a aussi été beaucoup touché par la vulnérabilité de cette population.  «La COVID leur est arrivé alors qu’ils avaient des problèmes encore pires depuis longtemps. Près de 10% des adultes du Malawi ont le VIH.»

Renaud a bien quelques idées de grandeur pour l’avenir de la RaG Foundation, entre autres celle de rebâtir à neuf l’école de la communauté. Un projet qui se trame dans un horizon de 5 à 10 ans.

Mais pour l’heure, il ne veut pas brûler d’étapes. «Je veux prendre mon temps, je veux bien faire les choses», relate celui qui mène sa mission à bout de bras, en compagnie de ses partenaires sur le terrain, au Malawi, Gift Atwabi Lali et Ackim Martin.

«Gift s’en fait beaucoup parler dans le village, se réjouit-il. Ces gens n’ont jamais eu d’aide de leur vie. Si on leur offre un coup de pouce, ils le prennent, c’est certain.»

Pour faire un don : https://ragfoundation1.s1.yapla.com/fr/campaign—2296/detail/sous-le-meme-ciel/2296

 

Un billet aller simple

Renaud Bélanger-Royer

Lorsque Renaud Bélanger-Royer s’est envolé pour Windhoek, capitale du Namibie, en juin 2018, rien n’était calculé. «Je cherchais un aller simple. Et c’était le billet le moins cher en Afrique», raconte-t-il.

En six mois, il a traversé six pays, se rendant là où ses pieds le menaient, du désert jusqu’aux sommets de la chaîne de montagnes Drakensberg, près du Lesotho. «Là où le ciel s’ouvrait sur un grand plateau, avec des chevaux sauvages qui couraient partout, j’ai retrouvé une euphorie. C’était incroyable», détaille-t-il.

Au Swaziland, l’immense écart entre des hôtels de luxe et la misère dans laquelle vivait le peuple a agi comme un électrochoc pour le voyageur. «C’est là que c’est devenu plus un pèlerinage», a-t-il pris conscience.

Les circonstances l’auront mené à Cape Maclear, où il a rapidement tissé un lien de confiance avec des habitants, à l’extérieur de la section touristique du village.

«Mon voyage avait au départ des allures d’une fuite. Je suis parti désespéré; je venais de perdre au concours Ma Première place des arts, il y avait des histoires avec des amis… C’était une mauvaise passe de deux ans. Mon but était de partir sans revenir : soit j’y laissais ma peau, soit je me trouvais un métier. Et Cape Maclear m’a donné l’espoir de faire quelque chose de ma vie.»

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