Culture
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PHOTOS ET VIDÉO – Plongez dans l’univers fantastique du Théâtre Sans Fil

jeudi le 13 mai 2021
Modifié à 12 h 44 min le 12 mai 2021
Par Geneviève Michaud

À l’entrée du Complexe aquatique de Brossard, une licorne rose nous accueille. En haut des escaliers, les personnages du Seigneur des anneaux sont en train de nous préparer un bon repas. À notre gauche, le Chat et le Gondolier nous observent. Toutes ces marionnettes géantes sont l’œuvre du Théâtre Sans Fil, fondé par le Longueuillois André Viens et quelques camarades de l’université en 1971. Cinquante années d’émerveillement que la Ville de Brossard invite ses citoyens à découvrir, jusqu’au 13 juin, dans le cadre du Festival Petits bonheurs. Le cœur de l’activité se déroule à l’intérieur du complexe aquatique, où cinq zones reproduisent des scènes des différents spectacles présentés par le Théâtre au fil de ses 50 ans. Un circuit est également aménagé à l’extérieur, où 10 grands panneaux à doubles faces relatent le parcours de la troupe. Unique au monde «Le Théâtre Sans Fil a une unicité dans le monde», lance d’entrée de jeu son fondateur André Viens, quand on lui demande de nous présenter son «bébé». «La marionnette peut dire enfant, mais elle peut aussi dire adulte, poursuit-il. Adulte, quand on voit des marionnettes, on retrouve cet état d’émerveillement qu’on avait quand on était enfant», explique-t-il en souriant. Ainsi, pour André Viens, ce que son Théâtre offre, c’est véritablement une dose de magie. «Le métier de marionnettiste est un métier de magicien, avance-t-il. Et quand cette magie prend vraiment, les spectateurs en oublient la présence des marionnettistes sur scène et ne voient plus que les personnages.» https://www.dailymotion.com/video/x818qsp Le choix de présenter des histoires fantastiques s’est donc imposé de lui-même pour la troupe. «Comme on fait de la marionnette, quel est l’intérêt de faire quelque chose de réaliste? Le réaliste, les comédiens peuvent très bien le faire. Mais comment montrer un elf, un dragon? Ça, on peut le faire avec une marionnette.» Afin de rajouter à la magie, le Théâtre a rapidement fait le choix de ne pas utiliser les voix des marionnettistes sur scène. «C’était un défi titanesque pour un marionnettiste de manipuler et soutenir une marionnette sur scène tout en se concentrant sur sa voix et son texte, se remémore André Viens. Les bandes sonores, elles, nous donnent l’occasion d’utiliser des voix connues pour nos spectacles tout en permettant aux marionnettistes de se concentrer sur leur jeu.» Ces bandes sonores, offrant la possibilité de traduire les spectacles en plusieurs langues, ainsi que l’œuvre de J.R.R. Tolkien, ont permis au Théâtre Sans Fil de connaître une carrière internationale. «Ça nous a ouvert beaucoup de portes», soutient le fondateur.

«Notre plus grand succès est sans contredit Le Hobbit, qu’on a présenté plus de 1500 fois, à plus de 3,5 millions de spectateurs.»  

– André Viens, fondateur du Théâtre Sans Fil

Inspirés par le bunraku André Viens a fait partie des premiers finissants de l’Université du Québec à Montréal, en 1971. S’ils avaient touché à beaucoup de choses au cours de leurs études en théâtre, ses camarades de classe et lui ne connaissaient rien de la marionnette. «On a demandé à l’administration si on pouvait avoir un atelier sur le sujet et on a eu la chance d’apprendre d’un marionnettiste professionnel : Pierre Régimbald. Même s’il était à peine plus vieux que nous, il avait déjà beaucoup d’expérience.» Celui qui est surtout connu pour avoir créé les marionnettes de l’émission Passe-Partout avait déjà, en 1971, développé sa propre approche avec les marionnettes à gaine plutôt qu’à fils. Les étudiants ont par la suite découvert le bunraku, un type de théâtre japonais dans lequel les personnages sont représentés par des marionnettes d’environ 60 centimètres et qui s’adressent aux adultes. «On a été fascinés et ça nous a donné l’idée de monter un spectacle de marionnettes dans le cadre d’un exercice étudiant, raconte André Viens. En janvier 1971, on a présenté une adaptation très moderne, très nord-américaine d’un conte japonais, avec des marionnettes un peu plus grandes – entre 5 et 7 pieds. C’était complètement flyé, mais ç’a été un tel succès qu’on nous a demandé de présenter le spectacle dans des cégeps, des universités et des festivals», se remémore-t-il avec fierté. De là est né le Théâtre Sans Fil, dirigé originalement par quatre finissants de l’UQAM, puis deux, puis un seul depuis 1987.  

Exposer en temps de pandémie

Originalement prévue l’an dernier au centre socioculturel, l’exposition Géantes avait dû être reportée en raison de la pandémie. Ainsi, afin de respecter les consignes sanitaires, l’exposition intérieure nécessite une réservation en ligne gratuite et les plages horaires ont été aménagées afin de restreindre le nombre de visiteurs. Une entrée et une sortie distinctes de celles des baigneurs ont également été prévues pour les visiteurs de l’exposition, et le port du masque est exigé. «Le Festival Petits bonheurs a toujours été très populaire et c’était le bon moment pour trouver une façon innovante de présenter quelque chose pour les petits et les grands, explique la mairesse de Brossard Doreen Assaad. C’est très créatif comme idée et ça suit la volonté du conseil de créer des événements pour que les gens se sentent moins isolés tout en respectant les règles de la Santé publique.» «Les tout-petits vont être émerveillés!» conclut-elle. Informations et réservations : brossard.ca/petitsbonheurs ou 450 923-6311.

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