Pourquoi faire simple quand on peut compliquer les choses ?

Pourquoi faire simple quand on peut compliquer les choses ?
(Photo : Gracieuseté)

Pour un gouvernement qui se dit pragmatique, qui proclame haut et fort vouloir faire de l’éducation une priorité et qui, rappelons-le, nage dans les surplus budgétaires, il me semble que d’autres avenues auraient été possibles (et souhaitables) pour amorcer les négociations du secteur public que le sempiternel psychodrame qui les accompagne. Vous l’aurez lu dans les pages du Courrier du Sud: ce n’est pas le chemin que nous avons souhaité prendre.

En décembre, le gouvernement et la partie patronale déposaient leurs offres et leurs demandes (insultantes et méprisantes) au personnel de l’éducation. Si le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, lui-même enseignant, a pourtant affirmé à maintes reprises qu’il s’occuperait du personnel de l’éducation, il semble bien que les négociateurs patronaux et le président du Conseil du Trésor n’ont pas cru bon de l’écouter.

Parce qu’au-delà des offres salariales ridicules présentées au personnel de l’éducation, il n’y a absolument rien pour améliorer ni les conditions de travail du personnel, ni les services aux élèves. Les bonnes intentions du ministre Roberge ne se traduisent pas dans le dépôt patronal, qui reprend les mêmes demandes qu’en 2015.

Ainsi, alors que nous réclamons un plancher de services pour les élèves en difficulté, l’employeur souhaite plutôt avoir un financement global qu’il faudra ensuite s’arracher à la pièce en tirant chacun sur son bout de couverture. Alors que nous réclamons une diminution des ratios dans les classes, la partie patronale demande plutôt de les hausser.

Oui, oui, vous avez bien lu! Après des années de dénonciation, un consensus semblait pourtant établi quant aux effets dévastateurs des classes bondées: surcharge, gestion difficile, manque de temps et de disponibilité pour certains élèves en difficulté, démotivation des élèves les plus forts, démotivation du personnel; alouette!

Ce n’est certainement pas de cette façon que nous arriverons à attirer du sang neuf en éducation et à retenir ceux qui réfléchissent déjà à un changement de carrière.

Pour le personnel à pied d’œuvre dans nos écoles et nos centres, le message au gouvernement est sans équivoque: en éducation, faut que ça change maintenant!

Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain

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