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Programme de répit ROMAN : « Une bouée de sauvetage », affirme Richard Prud’homme

lundi le 27 septembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 28 septembre 2021
Par Michel Hersir

Richard Prud’homme, en compagnie de sa conjointe Pierrette (Photo : Le Courrier du Sud ‒ Denis Germain)

La hausse de l’épuisement chez les proches aidants inquiète le Regroupement des organismes montérégiens d’aidants naturels (ROMAN), qui travaille à l’élaboration d’un guide pour le prévenir. Il veut faire davantage connaître son programme de répit, une façon pour ceux qui s’occupent de leur proche en perte d’autonomie de s’accorder quelques heures de relâche.

Un service de répit, c’est un accompagnateur qui vient à domicile pour s’occuper de la personne en perte d’autonomie. Ainsi, pendant quelques heures chaque semaine, le proche aidant peut vaquer à ses activités sans se soucier de ce qui se passe à la maison.

«C’est une bouée de sauvetage, évoque le proche aidant Richard Prud’homme, qui a pu obtenir un service de répit avec l’organisme Amélys à Saint-Hubert. Les filles, quand elles viennent ici, elles arrivent de bonne humeur, elles changent l’air, amènent de la conversation. Je ne voudrais vraiment pas les perdre!»

Richard Prud’homme avait prévu une belle retraite avec sa femme Pierrette, où les deux allaient voyager et s’occuper l’un de l’autre. Mais en novembre 2017, Pierrette est victime d’un deuxième accident vasculaire cérébral (AVC), qui lui fera perdre beaucoup de sa mobilité, de sa dextérité et de sa capacité à parler. D’un jour à l’autre, M. Prud’homme, lui-même opéré pour un cancer en 2017, se retrouve proche aidant.

«Je fais un peu de tout, je m’occupe de la maison, je fais les repas, le lavage, je veille au bien-être de ma conjointe et je l’aide à s’habiller», explique le Brossardois.

Même s’il accepte son rôle, il admet trouver la situation éprouvante par moments, notamment en ce qui a trait aux difficultés de tenir des conversations et de sortir à l’extérieur pour marcher. C’est pourquoi il chérit les quelques heures de répit que lui offrent les accompagnatrices, chaque semaine, depuis septembre 2020.

 

«Ça me permet de partir avec mon corps et ma tête. Avant, je partais avec mon corps, mais ma tête restait à la maison.»

– Richard Prud’homme, proche aidant

 

«Je peux aller faire l’épicerie, aller à mes rendez-vous médicaux. L’hiver dernier, ça faisait trois ans que je n’étais pas allé skier, et j’ai pu y aller!» illustre-t-il.

Un service essentiel

«S’il y a de l’argent à mettre, c’est là-dessus, indique Marielle Roy en parlant du service de répit. C’est tellement de l’argent bien placé!»

La résidente d’Ormstown est proche aidante pour sa mère depuis plus de sept ans. Elle s’occupe des besoins généraux de sa mère, mais reconnaît que la stimulation n’est pas sa tasse de thé. Ainsi, lorsque les accompagnatrices viennent, elles organisent des activités comme du bricolage ou des jeux de cartes.

«Elles lui apportent une qualité de vie de plus, remarque Marielle Roy. J’ai vu la différence quand le service a cessé temporairement durant la pandémie.»

Elle croit qu’avec le télétravail qui se normalise, c’est grâce à ce genre de service que les parents ne seront pas placés. Cette aide lui a permis de garder sa mère chez elle.

De plus en plus de proches aidants

Selon le ROMAN, c’est en Montérégie que l’on retrouve le plus grand nombre de proches aidants par habitant et avec le vieillissement de la population, ils seront de plus en plus nombreux.

«On le sait, les gens veulent vieillir à la maison, affirme la directrice générale du ROMAN Gabrielle Patenaude. C’est pourquoi on veut faire connaître les services de soutien aux proches aidants comme le programme de répit. Trop souvent, les gens attendent d’être complètement épuisés pour demander de l’aide.»

Mme Patenaude indique en outre que la reconnaissance même du rôle de proche aidant est un défi en soi.

«C’est assez commun qu’un proche aidant ne sait pas qu’il est proche aidant, indique Mme Patenaude. C’est donc difficile d’aller chercher du soutien et de savoir que des organismes d’aide et des services de répit existent si, à la base, on ne connaît pas notre rôle.»

Le ROMAN regroupe une trentaine d’organismes sur le territoire de la Montérégie, qui accompagnent les proches aidants dans leur demande de répit. Les accompagnateurs ne correspondent d’ailleurs pas à un profil en particulier, selon Mme Patenaude. 

«Il y en a de toutes sortes, soutient-elle. Certains sont des infirmières ou des préposés aux bénéficiaires à la retraite, d’autres n’ont aucun antécédent en santé ou en services sociaux. Ce sont toutefois tous des gens qui ont à cœur l’être humain.»

 

Un rôle stimulant

Eugénie Robitaille est accompagnatrice pour les aidants naturels du Haut-Saint-Laurent depuis trois ans. Elle travaillait auparavant dans une résidence pour personnes âgées, mais préfère le travail d’accompagnatrice; un rôle plus stimulant, selon elle. Avec les bénéficiaires, elle fait notamment de l’art, du bricolage, de l’exercice, des ateliers de cuisine et des jeux de mémoire.

«C’est du un pour un, donc la qualité est meilleure, explique-t-elle. J’y vais selon leur personnalité, mais en même temps, je les sors de leur zone de confort.»

Elle ressent la reconnaissance des gens à l’égard de son travail et de la pause qu’elle leur permet d’avoir.

«Ça leur donne la capacité d’être bien dans le choix qu’ils ont fait», poursuit-elle. 

Elle donne l’exemple d’un homme qui passe des nuits très difficiles parce que sa femme, atteinte d’Alzheimer, vit des épisodes d’errance.  «Quand j’arrive, ça lui permet de dormir à poings fermés», se console-t-elle.

 

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