Quand la maladie laisse place à l’aventure

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Par Annick Oligny
Quand la maladie laisse place à l’aventure
Ulric et sa famille ont pu profiter d'un voyage au Costa Rica il y a trois semaines

Du haut de ses 10 ans, Ulric Boucher est un battant, et l’organisme Rêve d’enfants a voulu saluer son courage. Atteint d’un cancer du cerveau de stade 4, soit le plus avancé, le petit garçon de Brossard a récemment pu s’envoler vers le Costa Rica pour y chasser papillons et scarabées.

Le voyage s’est organisé rapidement pour la famille, qui a été informée de la date du départ seulement deux semaines plus tôt. Habituellement, les enfants profitent de ce programme après leur rémission, mais dans le cas d’Ulric, il y a eu exception à la règle.

«C’était son rêve de trouver un scarabée éléphant et nous avons pu le réaliser, raconte la mère du garçon Annie Bahl. Les habitants n’étaient pas très favorables à la chasse, mais nous avons demandé si c’était possible d’en ramener un s’il était retrouvé mort ou à l’agonie, et c’est effectivement ce qui s’est produit. Tout le village en cherchait un pour Ulric», s’émerveille-t-elle.

Un mouvement de sympathie s’est emparé de la communauté de Mangroove, sachant qu’Ulric était un passionné d’insectes et de petites bestioles. Chaque jour, les employés de l’hôtel et autres voyageurs venaient lui montrer des photos des espèces qu’ils avaient aperçues. On s’empressait même de le localiser sur le site lorsqu’un animal particulier s’y trouvait.

Amateur de bestioles depuis toujours

Ce qu’Ulric gardera en mémoire pour toujours, c’est la visite guidée qu’il a faite avec sa famille, vers la fin du voyage. Scorpions, paresseux, singes, oiseaux de toutes sortes, serpents au venin mortel et grenouilles tropicales attendaient l’explorateur en herbe.

Bien que son niveau d’énergie ait diminué depuis la maladie, le garçon a surpris sa mère en marchant pendant trois heures, alors qu’il y a seulement quelques semaines, il avait besoin d’un fauteuil roulant après seulement 10 minutes de marche.

«Ses cheveux ont même recommencé à pousser là-bas», s’étonne sa mère.

La chaleur et l’humidité étaient toutefois difficiles à supporter pour lui. «Ç’a été plus ardu pour Ulric en raison de la température. Et lors d’une activité d’apnée, il a aussi dû rester dans le canot puisque l’eau était trop froide pour lui», raconte-t-elle.

Néanmoins, le jeune explorateur était comblé par les nombreuses espèces… qu’il aurait voulu rapporter dans sa chambre pour accompagner son mille-pattes, son lézard, ses cochons-dinde, son chien et autres!

Amitié improbable

Ulric avait une technique de professionnel pour ramener les papillons et les scarabées qu’il a capturés lors de son voyage, des conseils lui ayant été donnés par l’entomologiste et fondateur de l’Insectarium de Montréal, Georges Brossard. Ce dernier lui avait aussi fourni un filet de professionnel.

Ulric peut aujourd’hui se vanter d’avoir parmi ses amis le grand explorateur.

Au début de sa maladie, sa mère a contacté directement le plus connu des entomologistes du Québec, qui a été très généreux envers Ulric. La famille a visité à plusieurs reprises la maison de Georges Brossard à Saint-Bruno-de-Montarville et c’est lui qui se charge présentement de mettre en valeur les petites bêtes qu’elle a rapportées du Costa Rica.

«Ulric et lui ont tout de suite connecté ensemble en raison de leur passion commune, explique Annie Bahl. C’est un homme intense et immensément généreux. Je crois qu’Ulric lui rappelle l’histoire du Papillon bleu.

 

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