Quoi ? Une grève en éducation ?

Quoi ? Une grève en éducation ?
Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain (CSQ) (Photo : Gracieuseté)

Vous l’avez lu et entendu dans les médias au cours des dernières semaines : un peu partout au Québec, les membres du personnel de l’éducation, les enseignants et le soutien scolaire notamment, ont voté en faveur d’un mandat de grève de cinq jours.

«C’est quoi l’idée de voter la grève en pleine pandémie?» me direz-vous. Soyons clairs : Notre objectif premier n’est évidemment pas de faire la grève.

Or, après presque un an et demi de négociations avec le gouvernement, en plein contexte pandémique, de mesures sanitaires et de télé-enseignement, vous le comprenez aisément, il reste assez peu de possibilités d’actions et de moyens de pression. Si tout est anormal en ces temps curieux, c’est tout aussi vrai pour les négociations en éducation.

La recherche d’un mandat de grève amène toujours son lot de questionnements, d’inquiétudes et d’échanges. Croyez-le, ce n’est jamais une décision prise à la légère, notamment parce que le personnel s’inquiète pour les élèves. Leur réussite est le moteur et la raison d’être de tout notre travail.

Et justement… Il y avait un consensus social avant la pandémie quant à l’urgence d’investir en éducation, de donner un grand coup de barre pour rehausser les services et d’améliorer les conditions de travail du personnel du réseau.

Or, les besoins, les urgences et les problèmes en éducation ne disparaîtront pas avec la pandémie, bien au contraire! La nécessité d’attirer les jeunes dans ces professions et de retenir le personnel d’expérience et qualifié, de se donner les moyens d’accompagner et de soutenir nos élèves, de faire de l’éducation une priorité et de se donner des conditions gagnantes, c’est maintenant qu’il faut y voir parce que ça passe par la négociation.

Le principe même de la négociation collective, c’est le rapport de force. Et donc, la meilleure façon d’éviter la grève, c’est d’avoir les parents derrière nous. J’insiste : Personne n’a envie de faire la grève. Mais en éducation, nous avons atteint le point de rupture et il faut que ça change!

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