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Séance d’agglomération: des citoyens expulsés par le président du conseil

vendredi le 15 novembre 2019
Modifié à 15 h 45 min le 15 novembre 2019
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La période de questions de la séance d’agglomération du 14 novembre s’est avérée particulièrement houleuse. Des citoyens voulant s’exprimer sur le bruit entourant l’aéroport de Saint-Hubert n’ont pu terminer leurs interventions et le président du conseil en est venu à exiger leur expulsion. Au moins six citoyens se sont prononcés sur la question du bruit que cause le trafic aérien de gros transporteurs, notamment en pleine nuit, à l’aéroport de Saint-Hubert. Ils ont soulevé des craintes quant aux impacts sur la sécurité et la santé des résidents vivant à proximité. Sonia Simard, une citoyenne de Saint-Bruno-de-Montarville, a déposé une pétition de 355 signataires provenant de sa municipalité. Ils déplorent une atteinte à la qualité de vie en raison de la «pollution sonore aérienne» et des nombreux avions qui circulent au-dessus de leurs têtes. Elle a appelé les élus à unir leurs forces pour «prendre des décisions au nom des citoyens». Pour sa part, le Longueuillois Richard Gélineau a évoqué le stress et l’impact sur le sommeil qu’entraînent les vols de nuit, demandant si un couvre-feu pouvait être appliqué. À plusieurs reprises, le président du conseil Éric Beaulieu a indiqué que l’aéroport n’est pas de compétence d’agglomération et que la Ville n’en est pas la propriétaire. Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L), qui gère l’aéroport, est une organisation autonome. Longueuil nomme toutefois trois membres à son conseil d’administration. Ce à quoi le résident de Longueuil Robert Lajoie a répondu: «Je ne sais pas c’est l’affaire de qui, en fin de compte.» Au micro, la porte-parole du Comité anti-pollution des avions de Longueuil (CAPA-L) Johanne Domingue a affirmé devoir se présenter à cette instance, pointant du doigt le «manque d’écoute de la mairesse de Longueuil», qui s’est «dissociée de la problématique». Le président du conseil a jugé ce commentaire «de trop» et a mis fin au temps de parole de Mme Domingue, l’invitant à quitter. La mairesse de Brossard Doreen Assaad a avancé que de donner quelques minutes aux citoyens pour s’exprimer, «ça ne fait pas de mal», ce qui lui a valu des applaudissements. «Tout le monde est prêt à écouter, mais de là à se faire insulter et cracher des injures en pleine face, il y a des limites», a répliqué la conseillère Monique Bastien, qui avait invoqué une «question de privilège» lors de l’intervention de Mme Domingue. Durant la période de questions, des citoyens dans l’assistance semblaient intervenir et émettre des commentaires. Le ton a également monté avec une citoyenne qui demandait au président de laisser parler les personnes venues prendre part à la séance. M. Beaulieu a exigé qu’elle sorte de la salle du conseil. Plusieurs citoyens ont quitté la salle en bloc. Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville Martin Murray s’est prononcé sur les questions apportées par les citoyens. «Même si l’aéroport a été municipalisé, je pense que les incidences dépassent largement la Ville de Longueuil. Nous avons tous à travailler pour réduire l’impact des avions.» Il espère pouvoir discuter de cet enjeu à la prochaine table des maires. Par voie de communiqué, le chef de l’opposition officielle de Longueuil Xavier Léger a décrit ce qu’il a vu à la séance comme «une forme de censure, une rigidité excessive, une absence complète d’empathie et d’écoute». Il se réjouit toutefois de l’intervention de M. Murray, alors que l’opposition multiplie les interventions au conseil municipal au sujet du développement de l’aéroport et des inquiétudes des citoyens riverains. (A.D.)

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