Photos – Si les balcons pouvaient parler

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Par Ali Dostie
Photos – Si les balcons pouvaient parler
(Photo : Gracieuseté – Jean-Michael Seminaro)

«Pauline vit un jour à la fois», «La gentillesse de Lude fait le bonheur des autres», «Léona se dit comblée par la vie». Les balcons de trois résidences pour aînés de Longueuil, auxquels sont accrochés ces banderoles, ont pris la parole et sont soudainement devenus moins anonymes. Le projet de médiation culturelle de l’artiste Patsy Van Roost en dévoile un peu plus sur la personnalité de ces sages qui, malgré le déconfinement, sont demeurés à l’écart.

Mme Van Roost considère comme un «privilège incroyable» d’être allée à la rencontre d’une soixantaine d’aînés grâce à ce projet. Créer ces «phrases-portraits», c’est une façon pour elle de les célébrer. Pendant trois semaines en août, elle a visité les Habitations Paul-Pratt (rues Pratt et Lamarre), ainsi que la Résidence Le Clair Matin.

Les résidents – ou leurs amis – ont choisi une phrase les définissant ou évoquant leurs rêves.

Lors d’une première rencontre, à l’extérieur, les participants ont été appelés à remplir une petite fiche. «Je voulais qu’ils nous dévoilent ce qu’ils aiment le plus, ce qu’ils souhaitaient, ce à quoi ils rêvaient. Pour ceux qui ne savaient pas trop quoi dire, d’autres leur ont rendu hommage», explique Mme Van Roost.

Avec ces petits trésors en main, elle est entrée dans son atelier pour confectionner à la main chacune des banderoles reprenant cette phrase qui définit chaque participant.

Parmi celles-ci, certaines font sourire, d’autres touchent. «Georges aime partager son meilleur vin», «À 100 ans Jeanne d’Arc danse tout le temps», «Monique souhaite devenir centenaire», «Micheline rêve d’enlacer ses petits-enfants» et… «Marcel aime tout ce qui est beau, les femmes et les géraniums»!

Il y a aussi Jacqueline, qui rêve de sauter en parachute.

«Ça les réhumanise. Vieillir, ce n’est pas qu’être malade. Certains ont une joie de vivre incroyable! Et certains, leurs rêves, c’est le bonheur des autres», témoigne l’artiste.

Un désir de se raconter

En entrant chez les gens pour installer ces banderoles, Patsy Van Roost a constaté «le désir de se raconter» de ces aînés.

«Je généralise, mais la plupart souffrent de solitude. Malgré le déconfinement, ils n’ont pas beaucoup de visite. Certains m’attendaient avec plein de photos ou un verre de vin! Mais je ne pouvais pas rester, j’avais 10 minutes par appartement.»

Mme Van Roost qualifie ces rencontres, même furtives, de très précieuses.

Un bouquet de roses rouges

Patsy Van Roost

Rendue possible grâce à l’entente de développement culturel entre le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Longueuil, cette activité était organisée par le Bureau de la culture de Longueuil.

Les balcons décorés ont été photographiés, et les images partagées sur la page Facebook Longueuil est culture. Ainsi, en plus d’exposer un peu de la personnalité des résidents aux passants, le projet a eu des échos dans la communauté.

C’est ainsi qu’un homme a contacté Mme Van Roost après avoir aperçu la banderole de Marguerite, qui souhaitait recevoir 12 roses rouges.

«Cet homme, que je ne connais pas, venait de perdre son père, deux jours plus tôt, relate-t-elle. Il m’a demandé l’adresse de la dame et lui a remis un bouquet de 12 roses rouges, de la part de son père décédé; un homme qui aimait les femmes.»

Un tel impact ne peut que plaire à Mme Van Roost, qui rêve de réaliser d’autres projet de ce genre. «Ç’a vraiment touché les gens.»

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