Société Alzheimer Rive-Sud : aider le plus grand nombre malgré la pandémie

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Par Katherine Harvey-Pinard
Société Alzheimer Rive-Sud : aider le plus grand nombre malgré la pandémie
Des résidentes de la Maison au Campanile jardinent dans le jardin thérapeutique. (Photo : Gracieuseté)

Dans les 32 villes desservies par la Société Alzheimer Rive-Sud, 9 500 personnes sont atteintes de la maladie. Chacune d’entre elles compte sur un ou plusieurs proches aidants. Tout au long de la pandémie, l’organisme a maintenu et adapté ses services afin de soutenir le plus d’entre eux possible.

Dès les premières semaines de confinement en 2020, l’équipe de la Société Alzheimer Rive-Sud a constaté un dépérissement chez les personnes atteintes.

«Ils n’avaient plus de contacts sociaux. Il y a eu une détérioration de leur état général et sur le plan cognitif parce qu’ils avaient moins de gens autour d’eux et de stimulation», explique la directrice générale Julie Gagné.

«C’est la stimulation qui fait qu’ils gardent leurs acquis le plus longtemps possible, poursuit-elle. S’ils ne sont plus stimulés, assis devant la télévision, ils vont perdre ce qui leur reste.»

L’organisme a maintenu ses services grâce à l’implication de ses 70 employés, qui ont pris toutes les mesures nécessaires pour éviter la propagation du virus, assure la directrice générale.

«Quand la pandémie est arrivée, on a réussi à s’assurer qu’on était décrété comme un service essentiel, relate-t-elle. C’était essentiel qu’on puisse continuer à aller voir les gens à la maison. En 2019, on a donné 30 000 heures de répit à domicile. S’il avait fallu qu’on coupe ça, c’est sûr qu’il y aurait eu plus d’hospitalisations, d’épuisement du proche aidant…»

Le bâtiment de la Société Alzheimer Rive-Sud et de la Maison au Campanile (Photo gracieuseté)

Société Alzheimer Rive-Sud a même modifié la formule de ses formations et ses cafés-rencontres entre proches aidants afin ils se déroulent virtuellement. Le seul service qui a dû cesser est l’Accueil de jour, qui permettait auparavant d’accueillir 10 personnes atteintes de l’Alzheimer.

«Tous les êtres humains vivent de l’inquiétude, mais on a mis ça de côté et l’équipe a vraiment mis les efforts sur la personne qui souffre plus que nous de la situation actuelle.»

-Diane Charbonneau, directrice des communications

Hausse des consultations téléphoniques

Ultimement, ce sont surtout les proches aidants, isolés avec la personne atteinte, qui ont vécu plus difficilement les derniers mois. La nature des appels téléphoniques à l’organisme a d’ailleurs beaucoup changé.

«Avant, les gens appelaient pour savoir ce qu’on offre comme services, exemplifie Julie Gagné. Maintenant, ils ont besoin d’aide. Ils disent qu’ils sont épuisés, seuls, isolés. On voit avec eux quels sont leurs besoins, s’ils ont besoin de répit, s’ils sont connus au CLSC…»

«Les accompagnatrices du répit à domicile nous disaient que les proches aidants ressentaient le manque de support ou d’activités disponibles pour la personnes atteinte», précise-t-elle.

La demande est grande

Sur le plan du financement, la Société Alzheimer Rive-Sud a décidé «de voir l’année autrement et de ne la comparer à rien», dit la directrice aux communications Diane Charbonneau.

La directrice générale de la Société Alzheimer Rive-Sud, Julie Gagné (Photo gracieuseté)

Alors que l’événement qui rapporte le plus, soit le bal annuel destiné aux gens d’affaires, a été annulé, l’organisme compte sur sa marche virtuelle qui a lieu en mai pour amasser de l’argent. L’objectif est de 75 000$.

La demande est grande sur le territoire desservi par la Société Alzheimer Rive-Sud, qui s’étend de Sorel à Saint-Constant.

«Au Québec, 141 000 personnes sont atteintes de l’Alzheimer, révèle Mme Charbonneau. D’ici 2040, on parle d’une augmentation de 66% des cas. On parle d’un véritable tsunami.»

«Tout ce qu’on veut, c’est que le téléphone sonne, d’engager plus d’accompagnatrices et d’avoir un plus gros centre d’hébergement au besoin, laisse entendre Julie Gagné. Pour répondre aux besoins de nos gens, il faut qu’ils sachent qu’on existe. On est déjà en expansion, on engage des gens. On prévoit les besoins avant qu’ils arrivent.»

Le centre d’hébergement

Le centre d’hébergement de la Société Alzheimer Rive-Sud, la Maison au Campanile située à Longueuil, accueille 22 résidents. Aucun d’entre eux, ni aucun membre du personnel, n’a attrapé la COVID-19 au cours de la dernière année. En réalité, les résidents n’ont pratiquement pas ressenti la vague pandémique.

«C’est un milieu de vie où les gens vivent ensemble, mangent ensemble, vont dans le salon… C’est comme s’ils étaient dans une petite maison, fait savoir la directrice générale Julie Gagné. Ils sont habitués à voir les masques, mais n’ont pas vraiment conscience de la pandémie.»

Même s’ils ont reçu un peu moins de visites qu’à l’habitude, l’établissement s’adaptant aux règles de la santé publique, ils ont eu droit à de l’animation et des spectacles virtuels. C’est sans parler du personnel, qui était à leur chevet 24 heures sur 24. Vidéotron leur a même fourni des tablettes électroniques.

«On s’est empressés s’installer un système de communication sur Facetime et Zoom pour les familles, indique la directrice des communications Diane Charbonneau. Il y a une détresse du proche aidant qui ne veut absolument pas que le lien se fragilise.»

«C’est très rassurant pour la famille de voir que la personne atteinte semble bien aller, est maquillée comme d’habitude et rigole… C’était important qu’ils sentent qu’on ne les mettait pas à l’écart, au contraire», renchérit Mme Gagné.

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