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Stagiaires pendant la pandémie : une expérience formatrice pour trois étudiantes

dimanche le 09 mai 2021
Modifié à 9 h 03 min le 07 mai 2021
Par Audrey Leduc-Brodeur
L’apprentissage sur le terrain en temps de pandémie vaut de l’or pour trois étudiantes en santé du Collège de Valleyfield. Elles ne pouvaient espérer un contexte plus formateur pour faire leurs premiers pas dans le milieu. Le stage de Laurence Maurais en médecine de jour à l’Hôpital du Suroît de Salaberry-de-Valleyfield lui permet de prendre en charge deux patients à la fois. La jeune femme de 20 ans leur prodigue des soins liés au soluté, aux sondes, aux transfusions sanguines, etc. Loin d’être démotivée par son incursion dans un milieu aussi exigeant, la finissante de la technique en soins infirmiers se réjouit «d’être au cœur de l’action». «Je mentirais si je disais que je ne suis pas stressée, mais c’est une profession tellement gratifiante. Les visites sont réduites et nous avons du temps pour discuter avec les patients», relate la résidente de Pointe-des-Cascades. Celle-ci doit travailler avec de l’équipement supplémentaire pour se protéger des risques de la COVID-19, alors que ce ne serait pas le cas en temps normal, explique-t-elle.
Laurence Maurais, en stage à l’Hôpital du Suroît. (Photo gracieuseté)
Très jeune, Laurence Maurais a fait le choix de se tourner vers cette profession. Durant son enfance, elle a multiplié les allers-retours entre la maison et l’Hôpital Sainte-Justine pour soigner une maladie affectant ses reins. «Choisir le domaine de la santé est pour moi une façon de redonner à ceux qui m’ont aidée», affirme-t-elle. L’inscription de sa sœur à des études en médecine a cimenté sa décision. Celle qui poursuivra ses études à l’université pour devenir infirmière clinicienne soutient que son futur métier a été valorisé depuis l’arrivée de la COVID-19. «Enfin!, s’exclame-t-elle. Ça fait du bien de voir que notre travail est reconnu. Plusieurs de mes amis s’intéressent désormais à mon programme.» Profession de l’ombre Gabrielle Landry en arrive au même constat. Diplômée universitaire en kinésiologie, la résidente de Longueuil applaudit la reconnaissance envers son nouveau champ d’études, l’inhalothérapie. Le recours à ce domaine est essentiel dans les traitements de patients atteints de la COVID-19. «C’est une profession de l’ombre, image-t-elle. Avec la pandémie, les gens sont plus informés par rapport à nos pratiques. Pour ma part, ç’a été une découverte et plus j’avance dans le programme, plus j’aime ça.» La stagiaire à l’Hôpital Pierre-Boucher à Longueuil, où elle travaille aussi en tant qu’aide de services en dehors des cours, a pu observer le travail effectué en zone chaude par les inhalothérapeutes. Cette présence sur le terrain la motive en vue de son intégration complète dans le réseau de la santé.
«Quand on a vécu la pandémie en stage, on se dit que la suite sera plus facile.» -Laurence Maurais
«J’ai vraiment hâte de pouvoir d’exercer mon métier à l’hôpital. Avec les pratiques, je me sens vraiment en contrôle et ça me met en confiance», explique celle qui salue l’accompagnement de ses professeurs. Le retour au Collège en septembre, alors que les formations étaient données à distance pendant le printemps 2020, a rassuré Gabrielle Landry. Les mises en situation et le réalisme des cas à traiter font partie de l’apprentissage des étudiants en inhalothérapie. «Depuis la rentrée, la pratique se fait sur place. Toutefois, en raison de la COVID-19, nous avons deux journées en laboratoire par semaine plutôt que cinq», explique-t-elle. Se décrivant comme une personne hyperactive, la jeune femme est servie par «ce métier qui bouge et qui correspond à mon désir de travailler dans le domaine de la santé». Meilleure capacité d’adaptation Finissante au programme en inhalothérapie à la suite d’une réorientation de carrière, Marylin Bolduc s’estime avantagée par sa position d’étudiante pendant la pandémie.
Marylin Bolduc effectue un bilan de base à l’Hôpital du Haut-Richelieu à Saint-Jean-sur-Richelieu. (Photo gracieuseté)
«J’arrive dans une période où la pratique change, alors c’est 100 fois plus facile pour moi et mes collègues, car on peut s’y adapter, fait remarquer la résidente de Saint-Basile-le-Grand. Ce n’est pas nécessairement le cas de ceux qui exercent ce métier depuis des années.» Celle qui a effectué des stages aux Hôpitaux Pierre-Boucher et Charles-Lemoyne, notamment, reconnaît être «challengée par le contexte», mais pour le mieux. «Mon stage actuel à l’hôpital du Haut-Richelieu me permet d’en apprendre davantage sur la fonction pulmonaire, le dépistage des maladies chroniques, les tests à l’effort, etc. Nous n’avons pas encore abordé l’impact de la COVID-19 sur les poumons, mais ça se fera», dit-elle. À l’urgence, l’étudiante de 35 ans sera appelée à gérer la ventilation des patients, entre autres. Selon son constat, «les hôpitaux sont très bien organisés» pour recevoir les stagiaires. «Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes», indique celle qui précise que l’inhalothérapie demande aussi «une bonne dose de débrouillardise».

Des stages dans cinq MRC

La pandémie aurait pu rendre frileux les Centres intégrés de la santé et des services sociaux de la Montérégie à accueillir des stagiaires, mais ceux-ci ont été «d’excellents collaborateurs», fait savoir Geneviève Boileau, directrice des affaires corporatives, du développement institutionnel et des communications du Collège de Valleyfield. «Ils ont réussi à offrir des stages à tous ceux qui en étaient à cette étape. On ne se sent pas de trop, leur accueil a été chaleureux», fait-elle savoir. Les étudiants peuvent être formés dans des établissements d’au moins cinq MRC de la Rive-Sud, précise-t-elle. Deux des trois étudiantes interrogées par Le Reflet auraient pu s’inscrire à des cégeps plus près de la maison, mais toutes ne regrettent pas le voyagement. Elles saluent le professionnalisme de leurs enseignants et les installations mises à leur disposition, notamment.  

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