Trop de sentiers illégaux et pas assez de signalisation

Trop de sentiers illégaux et pas assez de signalisation
Lors de la visite du journal

Au moment où la Ville de Longueuil annonce qu’elle reverra son plan de conservation et de gestion des milieux naturels, les Amis du parc Michel-Chartrand estiment qu’il faut y réduire le nombre de sentiers illégaux, améliorer la signalisation des pistes et organiser des activités qui répondent mieux à la mission d’un parc nature de cette taille.

Denis Fournier, technicien de la faune, et Claude Drôlet, biologiste, siègent tous deux sur le C.A. des Amis du parc Michel-Chartrand. Au cours d’une promenade au parc en compagnie du Courrier du Sud, ils ont noté plusieurs améliorations qui pourraient être apportées pour assurer la survie du boisé, qui doit faire face à de nombreux défis, dont l’arrivée de l’agrile du frêne, la surpopulation de cerfs et l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes de végétaux, comme le nerprun.

L’analyste en environnement de la Ville, Nicolas Milot, explique à cet effet qu’une centaine de frênes du parc ont été traités pour prévenir l’agrile et que les démarches contre ce fléau sont un «work in progress». «Comme pour le nerprun, il faut suivre certaines recommandations, mais c’est du cas par cas.»

Un règlement difficile à faire respecter

«On retrouve une quarantaine de cerfs de Virginie, alors que le parc peut en accueillir une dizaine tout en assurant la régénération de la forêt, explique Denis Fournier. Un comité régional a été mis en place pour assurer le contrôle de la population, mais il est clair que l’idée de la Ville de nourrir les cerfs au centre du parc pour éviter qu’ils s’éloignent vers les quartiers résidentiels ne fonctionne pas.»

Un bloc de sel est installé en permanence l’hiver près du Relais, mais les animaux sont en effet nombreux à sortir du parc, indique le chef d’unité plein air et animation des grands parcs de la Ville, Alain Chastellas. «Certains citoyens ont même aménagé des ravages.»

Nicolas Milot explique que c’est au Ministère de la Faune de déterminer la meilleure solution pour les cerfs, trop nombreux dans la plupart des boisés de la région. Ce sont aussi les agents de la Faune qui sont appelés si un animal paraît en difficulté ou si des traces indiquent du braconnage.

Malgré les affiches, le règlement qui interdit de nourrir les animaux n’est pas toujours respecté dans le parc, comme le prouvent les nombreux marcheurs qui traînent des noix ou des morceaux de pain. «Il faut faire plus de sensibilisation et expliquer aux usagers pourquoi c’est mauvais pour les animaux de les nourrir. Ce n’est pas bon pour leur santé», affirme Claude Drôlet.

Les représentants de la Ville songent à distribuer un nouveau dépliant pour sensibiliser les usagers.

Des sentiers balisés?

Les Amis du parc veulent aussi s’attaquer aux sentiers illégaux, de plus en plus nombreux et difficiles à distinguer des sentiers balisés. L’organisme a d’ailleurs engagé un étudiant pour l’été, et une de ses tâches sera de cartographier ces sentiers.

Le sentier d’interprétation, situé au nord du chemin du Lac, en est un bon exemple. Même s’il est interdit à vélo, plusieurs bicyclettes s’y trouvaient lors de la visite du journal.

«C’est un spaghetti de sentiers illégaux tellement tapés qu’ils ont l’air balisés, décrit Denis Fournier. Or, il y a des interventions à faire avant qu’il ne soit trop tard, comme placer un arbre mort ou des branches en travers de la route pour faire obstacle, ou encore ajouter des pancartes sur la faune et la flore, qui inciteraient les usagers à rester sur les sentiers balisés.»

Des bacs de gravier ont été installés, note Alain Chastellas, mais ils ne découragent pas tous les cyclistes. «Nous avons fait de nombreuses interventions derrière la butte à glisser, par exemple. Il y a 6 ou 7 ans, de grosses souches ont été placées sur les sentiers illégaux et aujourd’hui, la végétation a repris ses droits. Mais d’autres sentiers ont été ouverts un peu plus loin, souvent par des adeptes de BMX.»

Là encore, ce sont les usagers qui ne respectent pas le règlement qui sont en cause.

Activités au parc: il faut miser sur l’interprétation

 

 La Ville de Longueuil et l’organismes Les Amis du parc Michel-Chartrand s’entendent pour dire que les activités organisés dans ce grand parc nature doivent mieux répondre à sa mission et miser sur l’interprétation et le respect du milieu naturel.

Lors de la visite du journal, une bernache se reposait dans un secteur de conservation à l’est du secteur des trois lacs. Or, Denis Fortier remarque que le gazon est tondu jusqu’au bord du marais.

«Il faut laisser une zone tampon entre l’aire ouverte et la zone protégée. Et l’herbe haute délimite clairement où les usagers ne peuvent pas se rendre.»

Cette observation a été notée par la Ville, qui dit ajuster l’aménagement.

La pancarte explicative de l’observatoire fait aussi dire à Claude Drôlet que le parc doit se recentrer sur ses activités d’interprétation et éviter les activités trop bruyantes ou qui dérangent le milieu naturel. «Le Relais pour la vie, par exemple, est une magnifique activité, mais qui a un impact important sur le milieu, explique le biologiste. Comment rendre cet impact plus responsable? Il faut établir des critères pour que les activités soient plus conciliables avec la mission d’un parc nature.»

L’an dernier, les fortes pluies avant le Relais avait ramolli le sol et plusieurs usagers avaient constaté la détérioration du terrain. «L’an dernier, c’était une année exceptionnelle, note Alain Chastellas. On n’avait jamais vu ça. Cette année, la scène était plus près du chalet d’accueil.»

La Ville de Longueuil rejoint aussi les idées de l’organisme au sujet des activités organisées au parc et affirme qu’elle misera davantage sur le plein air et la conservation. «Il y aura moins de grands évènements cet été et on organisera plus d’activités d’interprétation», affirme M. Chastellas.

Rens.: www.facebook.com/amisduparcmichelchartrand

Plus d’une vingtaine d’employés

C’est la firme GVL qui fournit la main-d’œuvre du parc Michel-Chartrand, soit une vingtaine d’employés l’été et entre 30 et 40 l’hiver, quand la pente à glisser est en fonction.

La Ville de Longueuil accorde des contrats à différentes entreprises pour le déneigement et la tonte du gazon.

Plus cher que prévu

Les employés qui travaillent aux parcs de la Cité et Michel-Chartrand ont travaillé plus d’heures que prévu et la Ville doit injecter 434 416$ taxes incluses pour se rendre à la fin du contrat, prévue le 31 octobre prochain.

Le nombre d’heures travaillées est difficile à évaluer puisqu’il varie selon la programmation et la météo, indique la Ville.

Depuis novembre 2012, Longueuil a dépensé 1,6 M$ pour plus de 68 000 heures travaillées dans ses deux grands parcs, au coût de 23$/heure.

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