Un mouvement citoyen veut régler le «déséquilibre fiscal» de l’Agglomération de Longueuil

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Par Ali Dostie
Un mouvement citoyen veut régler le «déséquilibre fiscal» de l’Agglomération de Longueuil
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Un mouvement citoyen prend forme afin de s’attaquer à l’enjeu fiscal de l’Agglomération de Longueuil. La plateforme ÉquiAgglo, qui se présente comme «la voix supramunicipale nécessaire aux citoyens», sera lancée ce vendredi 7 mai, six mois avant le prochain scrutin municipal.

La plateforme vise à rallier les élus, candidats aux élections et citoyens afin de travailler à un meilleur fonctionnement de l’agglomération.

Les conseillers municipaux Michel Gervais à Brossard, Loïc Blanquaert à Saint-Lambert et Ludovic Grisé Faran à Saint-Bruno-de-Montarville sont impliqués dans cette initiative, avec deux actuaires experts en modèles de tarification, Louis Mercier et Claude Ferguson.

ÉquiAgglo croit ainsi qu’une réforme de la formule actuelle du calcul des quotes-parts est nécessaire. Selon leurs estimations, les quatre villes reconstituées paient 50 M$ de trop en taxes municipales, Boucherville étant la plus grande perdante.

«Pourtant, les informations permettant d’équilibrer la charge financière demandée à ces villes par rapport au service rendu sont disponibles, avancent MM. Mercier et Ferguson. C’est juste que Longueuil n’a pas intérêt à les rendre publiques quand ils peuvent piger aussi facilement dans le plat de bonbons, sans réelle imputabilité et reddition de comptes.»

Gestion des ressources

Créée pour gérer et partager les dépenses communes aux cinq villes liées, tels la sécurité publique et l’assainissement des eaux, l’Agglomération crée des iniquités et «ne donne aucun incitatif à l’utilisation judicieuse des ressources», juge Michel Gervais.

«Les élus tentent d’ouvrir le dialogue et la transparence dans la gestion financière de l’agglomération depuis 15 ans, mais Longueuil refuse toujours de renoncer aux bénéfices indus qu’elle en retire» reproche-t-il.

«On essaie de promouvoir la bonne utilisation de l’eau et un traitement plus efficace des matières résiduelles, mais la formule des quotes-parts ne lie pas la contribution financière à l’utilisation optimale des ressources, contrairement à ce qui se fait dans les MRC», analyse Loïc Blancquaert.

À cet égard, M. Gervais fait valoir que les Brossardois consomment un tiers moins d’eau par habitant grâce aux compteurs d’eau. Mais comme la Ville doit acquitter la facture de la quote-part selon la valeur des maisons, elle est pénalisée. «C’est une invitation à débrancher les compteurs d’eau à Brossard!» lance-t-il.

Une Charte

Les initiateurs d’ÉquiAgglo travaillent depuis près d’un an à jeter les fondements d’une Charte visant à établir une adhésion à des principes de fiscalité de base pour rendre l’agglomération de Longueuil «plus équitable, respectueuse, démocratique, viable, pérenne et imputable auprès des citoyens, commerces et industries qu’elle dessert».

Le portail en ligne dressera la liste des signataires ainsi que de ceux qui auront reçu l’invitation à signer la Charte.

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Serge Gracovetsky
Serge Gracovetsky
9 jours

Excellent. L’initiative de Depatie n’a pas été poursuivie par son successeur Brodeur qui n’a absolument rien fait pour défendre Saint-Lambert. Il s’est mis dans un conflit d’intérêt, en acceptant l’offre de Sylvie Parent de siéger sur le RTL, ce qui lui rapportait au moins 30K$/an, en échange de ligoter la ville et de voter avec cette l’agglomération voleuse. En fin de compte, le conseil de St-Lambert, désabusé, l’a cérémonieusement mis à la porte l’année dernière. Il faut comprendre que Longueuil pille Saint-Lambert d’au moins 3M$ chaque année, ce qui explique l’état lamentable de nos rues et infrastructures. Les politiciens sans scrupules savent qu’il vaut mieux acheter des amis pour des peanuts que de se passer de cette razzia.

Karl Villeneuve
Karl Villeneuve
7 jours

Nous devons en arriver à une entente qui fonctionnera pour tous entre les villes faisant partie de l’agglomération. La rive-sud de Montréal est exceptionnelle car chaque villes et arrondissements ont réussies à conserver leur caractères distincts. Les élu(e)s et partie prenantes doivent  »zoomer out » pour une agglomération forte, efficiente, et qui sera un modèle. La rive-sud de Montréal est la plus belle région du Québec et nous devons réfléchir à comment augmenter les relations économiques, sociales et culturelles entre tous. Si chacun à sa spécialité, son positionnement et que les citoyens de l’agglomération encouragent les commerces, participent à leur communauté et à la culture dans chaque villes et arrondissements de l’agglomération alors ça peut marcher.