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Un mur de protection qui tarde à être construit à Saint-Lambert

vendredi le 20 mai 2022
Modifié à 16 h 36 min le 19 mai 2022
Par Hélène Gingras

hgingras@gravitemedia.com

Les propriétaires du 740, Victoria (l'immeuble sans piscine) réclament la construction du mur de protection à l’arrière de l’immeuble, tel que promis par les Habitations Trigone et le Canadien National. (Photo gracieuseté)

Le mur de protection promis par les Habitations Trigone au Quartier Victoria, près de la voie ferrée du Canadien National à Saint-Lambert, sera-t-il construit un jour? Trois ans plus tard, les propriétaires en doutent fort et ils ne savent plus à qui s’adresser pour l’obtenir.

«Fondamentalement, on ne croit pas en la bonne foi de Trigone, lance catégorique Guy Rosa, qui représente les propriétaires de l’habitation du 740, rue Victoria. Nous, on est préoccupés par la sécurité des résidents.»

En février 2018, la compagnie Trigone a signé une entente – homologuée par la cour – avec le Canadien National pour ériger un mur devant le bâtiment et la voie ferrée, où transitent des dizaines de wagons-citernes quotidiennement. Les deux parties s’entendaient pour que ce soit réalisé dans les 12 mois au plus tard et à partager également les frais de sa construction.

Pour cette raison, le paysagement n’a pas été terminé, la piscine promise n’a pas été construite et le stationnement des visiteurs demeure inachevé, puisque ces travaux ne peuvent être réalisés avant, a dit Trigone aux propriétaires. Ce, au grand dam de ces derniers.

De plus, la Régie du bâtiment a suspendu à l’automne dernier toutes les licences de construction et toutes demandes de permis de Trigone, qui conteste cette décision en appel.

Dans ce contexte, les propriétaires doutent plus que jamais que Trigone concrétise sa promesse de construire le mur.

«On n’est pas surpris parce que c’est une entreprise qui ne respecte pas ses engagements. Ça fait 18 mois qu’on nous dit qu’on est à fignoler les derniers détails et rien n’aboutit.»

-Guy Rosa, propriétaire d’un condo au Quartier Victoria

Silence radio et pressions

Trigone n’a retourné aucun des trois appels laissés par Le Courrier du Sud ces dernières semaines. Dans un échange avec une propriétaire d’un condo daté du 21 avril, une employée lui avait laissé savoir que l’excavation «pourrait avoir lieu en juillet» et que sa compagnie attendait d’ici quelques jours l’échéancier révisé du CN.

Contacté par le Journal cette semaine, le porte-parole du CN Mathieu Gaudreault n’a pas eu le même discours, affirmant que la compagnie «est toujours en attente de documents techniques» de la part de Trigone. Nous continuons d’échanger régulièrement avec le développeur afin qu’il s’acquitte de ses responsabilités et qu’il procède à la construction de cette structure». Il a réitéré que le CN a l’intention de tenir sa promesse de payer les coûts pour la moitié du mur, et que l’argent prévu à cet effet demeure disponible.

De leur côté, les propriétaires des habitations du Quartier Victoria ont tenté de mettre de la pression sur le CN en écrivant au vice-président exécutif, services corporatifs et chef de la direction des affaires juridiques Sean Finn pour qu’il intervienne. Ce, étant donné que le CN, en 2013, avait intenté un recours judiciaire en Cour supérieure du Québec à l’encontre d’Habitations Trigone et la Ville de Saint-Lambert pour faire respecter certaines règles. Les propriétaires n’ont pas eu d’accusé de réception.

Ces derniers se sont aussi présentés à l’assemblée du conseil municipal de Saint-Lambert, le 16 mai, pour exiger aux élus d’intervenir. Bien qu’elle se soit dite empathique, la mairesse Pascale Mongrain a réitéré que la Ville n’est pas partie prenante de ce litige. Elle a ajouté que la Municipalité ne souhaite pas entamer de procédures judiciaires pour des raisons financières. Toutefois, elle a dit que la Ville mettait de la pression constante sur le CN.

Les propriétaires, au contraire, estiment que la Ville est aussi responsable du manque de qualité de vie des résidents, puisqu’elle a autorisé une dérogation aux Habitations Trigone en 2010 pour qu’elle puisse construire plus près de la voie ferrée que c’était permis, ce qui a mené au projet de construction d’un mur de protection.