Une deuxième vie pour les aliments boudés

Le courtage alimentaire, comme le pratique La Tablée des Chefs de Longueuil, n’est pas la seule solution au gaspillage. Dans les établissements des IGA Marchés Louise Ménard, dont deux sont situés à Saint-Lambert, tout ce qui n’est plus «bon pour la clientèle» est récupéré par Moisson Montréal et aura une deuxième vie dans une banque alimentaire. Mais que signifie exactement «bon»?

Laissez-nous vous rassurer tout de suite: les produits remis aux banques alimentaires sont tout à fait propres à la consommation. Que ce soit les fruits, les légumes, la viande ou les produits laitiers, les produits qui ont une date de péremption sont souvent boudés très rapidement par la clientèle des épiceries. Alors, plutôt que de jeter ces aliments, plusieurs épiceries ont pris le virage de la récupération alimentaire.

«Nous avons établi, dans notre société et dans l’industrie, des standards avec les dates de péremption, ce qui fait que la viande a une durée de vie bien précise, et nous la retirons des comptoirs avant cette date, explique le vice-président des Marchés Louise Ménard, Bruno Ménard. Dès que nous la retirons du comptoir, nous la congelons pour s’assurer que les produits soient encore très bons lorsqu’ils seront consommés.»

Ces pertes, dont une partie est dorénavant récupérée, sont inévitables pour les entreprises alimentaires. En offrant de la qualité, de la quantité et de la variété à sa clientèle, Bruno Ménard ne peut l’éviter.

«On ne peut pas gérer une épicerie sans pertes et nous allons toujours en avoir. Mais si nous pouvons les diminuer en envoyant les invendus à des banques alimentaires, c’est merveilleux.»

À raison de deux fois par semaine, Moisson Montréal récupère ainsi les denrées dans les deux établissements de Saint-Lambert.

«Tout est récupéré! La viande, la boulangerie, les produits variés, les fruits et légumes, les produits prêts à manger, les charcuteries et les produits congelés», ajoute M. Ménard.

«Chaîne de froid» respectée

Bien sûr, donner des aliments périssables à des banques alimentaires n’est pas sans risque puisque si la chaîne de froid n’est pas respectée, les produits peuvent être contaminés. C’est pour cette raison que Moisson Montréal s’est assuré que la température de ses camions soit mesurée à chaque cueillette d’aliments et que les organismes s’engagent à cuisiner les produits dès qu’ils sont décongelés.

«Moisson Montréal nous garantit que la chaîne de froid est respectée et que lorsque nos produits arrivent dans une banque alimentaire, ils sont étiquetés Moisson Montréal et non avec l’étiquette des marchands, ce qui a apaisé les craintes de plusieurs épiciers», ajoute Bruno Ménard.

Redonner pour mieux économiser

Jusqu’à maintenant, les cinq épiceries Louise Ménard, dont les deux établissements de Saint-Lambert, ont amassé plus de 43 tonnes de nourritures, et ce, seulement pour l’année 2014.

«Il y a trois volets à ce projet qui nous tient réellement à cœur, explique Bruno Ménard. Nous donnions déjà et c’est très important pour nous de donner, mais c’était rarement de la viande. Deuxièmement, c’était primordial de diminuer nos déchets, et finalement, nous réalisons de grandes économies, car nous réduisons nos enfouissements au dépotoir.»

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