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Une Longueuilloise crée une glacière « révolutionnaire »

mardi le 07 septembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 08 septembre 2021
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Émilie J. Talbot et Alexis Marceau (Photo: Gracieuseté)

Lourde, la glacière pour aller à la plage, au parc ou au camping? Les aliments s’y trouvent dans un fouillis ou même dans l’eau de la glace fondue? La Longueuilloise de 24 ans Émilie J. Talbot et son complice de toujours, le Montréalais de 26 ans Alexis Marceau, veulent y remédier en lançant une révolution, la glacière Genie, fabriquée au Québec. 

Par Pierre Loiselle, Initiative de journalisme local

Plus légère, pratique et étanche, avec des compartiments modulables, lampe DEL intégrée, roues tout terrain, et poignée de transport transformable en mini-comptoir, elle pourrait apparaître dans les boutiques de plein air spécialisées en 2022. 

Ils sont sérieux. Leur compagnie, Genie Outdoor ou Genie Plein air (enregistrée en français et en anglais), est avancée dans le prototypage de leur contenant de 65 litres et la prévente va bon train. 

«Des détaillants comme La Cordée et Atmosphère sont intéressés et nous voulons livrer un produit final à temps pour leur prochaine saison estivale. Plutôt que le créneau bon marché, nous concurrencerons les fabricants haut de gamme comme YETI et IGLOO (300 à 550$) avec plus de fonctionnalités», dit l’étudiante aux Hautes études commerciales (HEC), comme Alexis. 

Pas la seule à en avoir marre

C’est en lavant sa glacière en camping que tout a démarré. 

«Elle se lavait mal et ça s’ajoutait à tous les désagréments vécus en plein air. Nous trouvions que c’était un produit peu fonctionnel, en manque de modernisme. Nous qui désirions lancer une entreprise depuis longtemps, nous venions de trouver notre premier projet», décrit Mme Talbot. 

Des consultations en design industriel et une étude de marché ont démontré que le projet était viable et opportun. 
«Nous avons demandé à 250 amateurs de camping de nous faire part de leurs problèmes et besoins. Le problème le plus souvent soulevé : la lourdeur des glacières. Ensuite, c’était la nourriture bardassée et écrasée. Suivait la manipulation à la noirceur, les roues inadaptées pour le sable et l’isolation, énumère-t-elle. Nous nous sommes mis à la tâche.» 

Premier item imaginé : des séparateurs modulables. «La nourriture reste en place et les items sont organisés. On peut mettre 24 cannettes de boisson dans un compartiment adapté, soutient-elle. Un espace sec est aussi créé sous le couvercle pour placer vaisselle, clefs, cellulaire et autres. La glacière servant parfois de table, il est irritant de devoir ouvrir le couvercle, de là l’idée d’adapter la poignée de transport pour qu’elle serve de comptoir.»

NASA et technologie à la rescousse

De nouvelles technologies ont permis de diminuer le poids tout en augmentant l’espace, l’isolation et la solidité du produit. 

«L’aérogel, le meilleur isolant qui soit, développé par la NASA (composé de 99,8% d’air et 0,2% de gaz) a été placée stratégiquement dans le couvercle. Le rotomoulage, une technique moderne de transformation du plastique directement au produit final, le rend presque indestructible», dit Émilie J. Talbot. 

Émilie J. Talbot et Alexis Marceau ne s’arrêteront pas là car d’autres équipements de plein air sont dans leur loupe. «Traîner des piles et des bouteilles de propane en camping, deviendra désuet», sourit la Longueuilloise.

 

Engouement pour la campagne de sociofinancement

Au début, financer Genie Plein air ressemblait à l’ascension de l’Everest, se rappelle la cofondatrice et présidente Émilie J. Talbot

«Nous avons englouti nos économies car il n’y avait pas de programme d’aide en recherche et développement. Maintenant, à l’étape de la mise en marché, il y plusieurs programmes dont celui des jeunes entrepreneurs, pour les 18 à 39 ans. Ça va mieux», avance-t-elle.

À la mi-août, Genie Plein air a lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme québécoise La Ruche. En 15 jours, à coup de ventes à 375$ l’unité, ils ont dépassé leur objectif de 25 000$, si bien qu’ils visent maintenant les 45 000$. 

«Ça aide à financer les coûts élevés de fabrication à petite échelle en attendant la production de masse», détaille l’entrepreneure.

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