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Une luge sur mesure pour atteindre les plus hauts sommets en parahockey

le mercredi 11 mai 2022
Modifié à
Par Michel Hersir

mhersir@gravitemedia.com

Saoud Messaoudi est membre de l’équipe québécoise de parahockey et souhaite un jour faire partie de la sélection nationale. (Photo : Gracieuseté)

Saoud Messaoudi participait récemment à un camp de sélection pour l’équipe de développement de parahockey Canada. L’homme de 20 ans rêve d'être membre de la sélection nationale, un objectif plus accessible maintenant qu’il détient sa propre luge, gracieuseté de l’Association des amputés de guerre.

Avant de tomber en amour avec le parahockey, Saoud Messaoudi pratiquait la natation. De son propre aveu, il a toutefois perdu la motivation pour cette discipline au fil des ans. Cherchant tout de même à se garder en forme, il s’est mis à chercher un nouveau sport adapté, lui qui vit avec une amputation congénitale à la jambe gauche.

«J’ai essayé le parahockey et j’ai adoré dès la première fois. Je trouvais ça vraiment unique, le maniement de rondelle, les tirs au but, le jeu d’équipe. J’ai dit à mes parents : on achète de l’équipement et je m’inscris au club la semaine prochaine!» raconte-t-il, alors qu’il disputait cet hiver sa quatrième saison.

Toutefois, la pièce d’équipement la plus importante n’est pas disponible dans n’importe quel magasin de sport. La luge, qui agit comme patins sur la glace, est difficile à trouver et dispendieuse.

À ses débuts, le joueur de Saint-Hubert a donc dû emprunter celle de son club.

«Ce n’était pas vraiment la mienne, elle était lourde et ne me permettait pas vraiment de jouer à mon plein potentiel, explique Saoud Messaoudi. Rarement deux personnes ont le même handicap, la même taille, les mêmes hanches, alors c’est vraiment important d’avoir une luge sur mesure.»

C’est pourquoi il est très reconnaissant envers l’Association des Amputés de guerre de lui en avoir fourni une ajustée à son corps.

«Dès que je l’ai reçue, non seulement j’avais beaucoup plus de plaisir, mais j’ai pu atteindre un autre niveau», explique celui qui est membre de l’équipe Québec de parahockey.

Adaptation facilitée

Originaire de Casablanca au Maroc, la famille Messaoudi s’est établie au Québec lorsque Saoud avait 10 ans. L’une des premières choses qu’elle a fait à son arrivée a été de trouver un service pour rendre la vie plus facile à leur garçon.

Ils ont découvert l’Association des amputés de guerre et Saoud a pu rejoindre le Programme LES VAINQUEURS de l’organisme.

Celui qui est aujourd’hui étudiant en génie logiciel à l’Université Concordia indique que l’un des séminaires du programme auquel il a assisté à sa première année au Québec l’a grandement aidé.

«Il y avait beaucoup de gens amputés, d’adultes amputés qui ont vécu leur vie, qui ont trouvé des solutions pour le faire. Certains avec des handicaps plus sévères que le mien. Ç’a été un gros boost dans ma vie, une motivation que j’ai encore aujourd’hui», affirme Saoud Messaoudi.

 

Un permis de conduire libérateur

Le jeune homme qui se déplace en chaise roulante est d’autant plus motivé maintenant qu’il peut se déplacer à sa guise. Il détient une voiture depuis deux ans et ne s’ennuie pas d’avoir à attendre le transport adapté pour se rendre à l’aréna.

«Il y avait beaucoup de délais, ça rendait ça difficile. Après la pratique, attendre une heure et demie, deux heures, c’est très démotivant, explique Saoud Messaoudi. Quand j’ai eu ma voiture, ç’a changé ma vie, je pouvais aller partout de façon autonome.»