Une maman invite à voir l’autisme autrement

Une maman invite à voir l’autisme autrement

Marie Christine Bédard Topolnik et son fils Thomas, 7 ans, élève à l’école d'éducation spécialisée Reach à Saint-Lambert.

Crédit photo : Denis Germain – Le Courrier du Sud

ÉDUCATION. Tandis que le nombre d’enfants avec un diagnostic du trouble du spectre de l’autisme (TSA) ne cesse de croître au Québec, la maman de Thomas, sept ans, interpelle la communauté tout en adressant un message positif aux familles: «Ils sont capables».

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Marie Christine Bédard Topolnik a grandi à Saint-Lambert. Après avoir résidé quelques années en Allemagne, où elle y a rencontré son mari, elle a regagné sa municipalité en 2010 pour accueillir son enfant à naître.

«La vie s’écroule quand on entend ça, se souvient la maman. Lorsqu’on est enceinte, on imagine toujours son enfant avec un parcours de vie ou un développement normal. Alors on doit faire le deuil de tout ça… On réalise aussi qu’en tant que parent, on a beaucoup d’attentes et que c’est difficile d’entendre que notre enfant puisse être différent.»

«Étant donné que mon mari et moi parlions anglais pour nous comprendre, nous avons tout naturellement parlé à notre fils dans les trois langues, dès sa naissance, explique Marie Christine. Mais il n’a jamais prononcé un mot.»

Lorsque leur fils a eu trois ans, le diagnostic est tombé: Thomas est atteint du spectre de l’autisme.

Dès cette annonce, le couple a entrepris des démarches pour tenter d’accompagner au mieux le développement de leur fils. À quatre ans, Thomas ne parlait toujours pas.

Amour, confiance et acceptation

Pour «apprendre de son fils» et permettre à Thomas d’avancer à son rythme, Marie-Christine s’est tournée vers l’approche behaviorale appliquée (ABA), qui privilégie entre autres l’augmentation de la communication et des habiletés sociales grâce au renforcement positif.

«Pour qu’un enfant progresse, il faut y mettre le temps, les efforts et l’encourager. Nous l’aidons en lui donnant tout l’amour dont il a besoin» – Marie Christine Bédard Topolnik

«Lorsqu’on accepte le diagnostic, tout devient ensuite un émerveillement, constate la maman. La moindre évolution de votre enfant est incroyable. On est dans l’appréciation et la gratitude. On se rend compte qu’on peut réaliser des choses formidables avec lui. On nous disait que notre fils ne parlerait certainement jamais, alors quand il a prononcé ses premiers mots, ç’a été vraiment superbe.»

Avant de suivre la formation, Thomas ne parvenait pas à communiquer avec ses parents et cela avait un impact sur son comportement. Le couple a favorisé l’apprentissage de l’anglais et Thomas s’exprime désormais bien en anglais, tout en comprenant le français.

«C’est un défi de tous les jours afin qu’il puisse acquérir de nouvelles aptitudes, poursuit-elle. On doit continuer de lui proposer des choses. On se promène beaucoup, on visite des musées, on voyage… Thomas apprend à s’adapter. Aujourd’hui, Thomas est un petit garçon confiant, calme et rassuré.»

Marie Christine continue également de suivre la formation pour mieux comprendre son enfant.

«C’est très important d’aborder les choses positivement, croit-elle. Plus on se sent confiant avec lui, plus il va se sentir rassuré. On ne saura jamais pourquoi notre enfant est ainsi, et c’est ça qui peut faire le plus peur à un parent. Mais quand on s’arrête et qu’on prend le temps de l’écouter, on apprend à accepter son enfant tel qu’il est, et cela change tout.»

Croire en eux

Depuis qu’il a été sensibilisé au TSA à travers leur fils, le couple veut miser sur les capacités de ces jeunes. Le père de Thomas qui pratique la course automobile a notamment fait la connaissance en 2016 d’un jeune autiste ontarien passionné de karting, Austin Riley. Le couple a alors tout mis en œuvre pour le faire participer à la Coupe Nissan Micra.

L’adolescent, qui était déjà le premier diplômé autiste de l’école de pilotage Skip Barber, est ainsi devenu le premier autiste à participer à une série de courses automobiles à la Coupe Nissan Micra.

«Nous voulons montrer que même en étant autiste, on peut arriver à des résultats et accomplir plein de merveilleuses choses», affirme Marie-Christine.

Le couple pense d’ailleurs créer un modèle d’affaires qui permettrait à Thomas et aux jeunes adultes avec un spectre de l’autisme de s’intégrer plus facilement dans le milieu professionnel.

«Les gens sont mal renseignés, indique Marie-Christine. En parler est la meilleure façon d’instruire et de faire tomber les préjugés. On veut souvent protéger nos enfants, mais on ne les protège pas en cachant ce qu’ils sont. Ce que nous voulons, c’est de mieux en mieux les intégrer dans notre société.»

Protéger et rassurer

«Les petites actions et les dons peuvent faire beaucoup, alors on encourage les gens à se renseigner sur l’école et à nous aider.»

Thomas est depuis scolarisé à l’école d’éducation spécialisée Reach, à Saint-Lambert.

«Lorsque la commission scolaire Riverside m’a indiqué que mon fils pourrait intégrer l’école Reach, j’ai été étonnée, car je ne savais qu’une telle école existait à Saint-Lambert. Depuis que mon fils est là-bas, je vois tous les progrès qu’il a fait et je le sais en sécurité. Je sais aussi qu’il ne souffrira pas d’intimidation ou autres, et ça, pour une mère, ça n’a pas de prix.»

La maman de Thomas s’implique au sein du conseil d’établissement et aide l’école à récolter des dons et à rayonner auprès de sa communauté.

Rens.: https://www.facebook.com/Reach-School-395123913979596/

 

 

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