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Un cadeau inespéré pour Guylaine Guay et ses deux fils autistes

jeudi le 06 septembre 2018
Modifié à 12 h 01 min le 06 septembre 2018
Par Katherine Harvey-Pinard
ÉVÉNEMENT. Il y a quatre ans, Guylaine Guay publiait son livre Deux garçons à la mère, où elle racontait son quotidien de maman de deux enfants autistes. De ce livre est née la Fondation Véro et Louis, qui tiendra la 3e édition de sa vente de garage des artistes le 22 septembre, de 10h à 15h à la Place Charles-LeMoyne. «À la page 132, j’écrivais que je rêvais d’une grande maison remplie d’amour et que je savais que quelqu’un de généreux allait lire ces lignes», raconte Guylaine Guay. Contre toute attente, c’est Véronique Cloutier qui, à la lecture de cette page, s’est manifestée pour répondre à sa demande. «J’ai gardé mon calme en apparence, se souvient l’auteure. Mais quand j’ai raccroché, je suis partie à pleurer comme un bébé. C’est tellement un cadeau inespéré. Il ne faut jamais sous-estimer la portée de nos mots, on ne sait pas qui va tomber là-dessus. Dans mon cas, ç’a été magique.» L’objectif de la Fondation est de construire des maisons pour les autistes adultes de 21 ans et plus ayant besoin d'un encadrement constant. La vente de garage annuelle permet d’amasser des fonds pour construire la première maison. «La journée de la vente de garage, c’est un beau party. Il y a de la musique, de l’ambiance, des camions de nourriture. Le grand pouvoir de Véro et Louis, c’est de rendre ça familial. Leurs enfants et mes enfants sont là. C’est beau comme événement. Il y a beaucoup de parents d’enfants autistes qui viennent et qui nous présentent leurs grands enfants. Ça, c’est bin touchant», mentionne celle qui a gradué de l’École nationale de l’humour en 1995. Plusieurs artistes, dont Sarah-Jean Labrosse, Phil Roy, Marilou, Pénélope McQuade, Antoine Bertrand, José Théodore et Sophie Prégent ont offert des articles personnels qui seront vendus sous le chapiteau. Des maisons grandioses La première maison Véro et Louis devrait voir le jour en 2019. La construction s’amorcera dans quelques mois, à Varennes. Entre 16 et 20 personnes autistes devraient y habiter. «C’est un super beau terrain, ce n’est pas dans le fond d’un bois pour les cacher. C’est dans la communauté. La maison va être spectaculairement belle et adaptée. Les personnes autistes ont des besoins sensoriels différents des nôtres. On l’a pris ça en considération pour les plans de la maison. Ce sera moderne et écologique», explique Guylaine Guay. Des gens seront présents en tout temps afin de prendre soin des résidents, d’organiser des activités et de veiller sur eux jour et nuit. «Le message qu’on envoie, c’est que les personnes différentes ont aussi droit à du beau», poursuit-elle. Léo et Clovis La vie de la conférencière a changé du tout au tout il y a 18 ans lorsque son premier fils, Léo, a vu le jour avec le trouble du spectre de l’autisme. Deux ans plus tard, Clovis naissait, lui aussi diagnostiqué autiste. «C’est vraiment de l’adaptation quotidienne. J’ai un enfant non verbal donc il a fallu apprendre à communiquer autrement avec lui. Il faut être à l’écoute, comme n’importe quel parent», explique l’auteure des livres C’est bon d’être moi et Dame mature: Réflexion comico-dramatique d'une périménopausée velue et moite. «Mais il faut encore se battre. Je reçois des centaines de courriels par semaine de parents qui n’ont pas accès à des services, qui sont sur des listes d’attente en tout genre. C’est très préoccupant d’être parents d’enfants avec des besoins particuliers», témoigne-t-elle. La différence, Guylaine Guay «trouve ça beau». Elle admet toujours avoir été attirée par la marginalité. «C’est enrichissant. Mes enfants ont une belle authenticité, une profondeur. Il faut s’attarder à les écouter et à les regarder vivre. Ils m’apprennent de grandes leçons par leur simplicité», conclut-elle.

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