Vidéo – Gaspard et l’insatiable exploration musicale

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Par Ali Dostie
Vidéo – Gaspard et l’insatiable exploration musicale
Gaspard en spectacle (Photo : Gracieuseté)

Des pierres qui flottent dans le ciel. Voilà l’image sur laquelle repose l’idée fondatrice de Vertiges, deuxième album de musique instrumentale progressive du groupe longueuillois Gaspard.

«On avait envie d’explorer ce contraste entre la musique légère, ambiante, intense et une lourdeur. Des pierres qui flottent dans le ciel, c’est ça. On est parti de ces images, de ces idées, pour en faire des chansons, ensemble», décrit William Parent-Senez, guitariste.

Ce «ensemble» dans lequel «chacun met son grain de sel», ce sont Charles Le Pailleur (basse, contrebasse), Olivier Turbide (batterie, percussion, synthétiseurs), Romain Paquette (guitares) et William Parent-Senez (guitares, scie musicale).

La pochette de Vertiges, conçue par Éric Braun

Le groupe se donne pour mandat de créer une nouvelle atmosphère à chaque album, au moyen de différents «outils et genres».

Pour déployer l’atmosphère de Vertiges, qui gravite autour de la cité mythique Héliopolis, le groupe se lance dans le stoner/doom métal et la musique drone – pour traduire la lourdeur – alors que le post-rock se prête davantage au caractère «dramatique et aérien» de leurs créations.

Chacun des titres est accompagné d’une phrase qui synthétise ce qu’exprime la pièce. Vertiges : «Un arbre. Le son des horloges. Un rêve profond qui amène les pensées à haute altitude.» Voyage dans un courant d’air : «Le vent est une locomotive dont les chemins de fer se perdent en contradiction. Il faut le suivre pour voyager.»

Cette phrase ne constituait pas la prémisse de départ du processus de création, mais plutôt la ligne d’arrivée. «On part de l’abstrait (une idée) pour la traduire en concret. Dans cette transformation, ce ne peut être une réplique exacte», constate William.

Lancé en 2019, le premier album La forêt de Gaspard plongeait davantage dans le post-rock et le rock progressif. «Il y avait déjà des items classiques, et du psychédélique un peu. C’était un peu moins poli. Il y avait beaucoup de choses. Avec Vertiges, tout s’enchaîne mieux et a plus de sens. Il y a une amélioration», analyse-t-il.

Quant aux influences de Gaspard, il cite entre autres la formation Godspeed You! Black Emperor et le groupe montréalais Big Brave. Il n’écarte pas non plus une certaine parenté avec le rock progressif des années 1970 (King Crimson, Yes).

L’ADN de Gaspard

Le groupe Gaspard est né il y a quelques années, à l’occasion du spectacle de finissants de ces élèves de 5e secondaire.

«Dès le début, c’était clair que l’on voulait jouer nos compositions. C’est ce qui nous tentait. Et la sonorité a évolué depuis», relate William Parent-Senez.

Les pièces instrumentales sont aussi là pour rester. «On veut continuer à explorer seulement avec la musique. Ça ouvre plus de possibilités. Sinon, avec les paroles, on dirait que ça pourrait être très premier degré.»

La pandémie a mis sur pause les différentes opportunités de spectacles – la «meilleure façon de se faire connaître», dit William – mais elle a donné davantage de temps pour la création.

Le deuxième opus vient à peine d’être dévoilé au public que déjà, en fait, depuis un an, Gaspard œuvre à un troisième album. «On ne fonctionne pas un projet à la fois. Si on a une idée, on n’y peut rien!»

«C’est trop tôt pour révéler quoi que ce soit, mais cet album sera radicalement différent. On a pour objectif d’être encore plus expérimental», ajoute-t-il.

Une telle orientation s’arrime difficilement, il en convient, avec le succès radio. Mais là n’est pas le souci de Gaspard. «On veut faire la musique qu’on aime, qui nous inspire.»

Sur Bandcamp : https://gaspardrockfantastique.bandcamp.com/releases 

 

 

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