Actualités

Bâtiments patrimoniaux du parc St. Mark: des rénovations majeures à prévoir à court terme

le lundi 17 février 2020
Modifié à 16 h 04 min le 14 février 2020
Par Ali Dostie

adostie@gravitemedia.com

L’ensemble de bâtiments patrimoniaux que sont l’église St. Mark et la salle paroissiale, que la Ville de Longueuil a acquis en 2019, est «dans une condition générale "moyen" et présente plusieurs défauts apparents majeurs», selon l’expertise technique réalisée en septembre dernier. À lire aussi: La préservation du patrimoine, est-ce l'affaire des municipalités? Dans l’expertise technique de Cardin Julien commandée par la Ville et obtenue par Le Courrier du Sud grâce à la Loi d’accès à l’information, on insiste sur la valeur patrimoniale de l’église, «qu’il faut restaurer afin d’en assurer la pérennité et éviter que le bâtiment dépérisse». Ce mandat se traduit par une liste considérable de travaux à envisager dans l’immédiat, à court et à moyen termes. Diagnostic Parmi les réfections majeures inscrites au rapport, la toiture des deux bâtiments devra être refaite en entier. On observe les bardeaux du toit de l’église rendus à leur fin de vie utile, ainsi que des tuiles manquantes. «Si des infiltrations d’eau surviennent, la dégradation du bâtiment risque de s’accélérer.» Le rapport recommande de refaire la toiture avec des bardeaux d’ardoise et non des bardeaux d’asphalte, pour retrouver l’état d’origine. Les fenêtres des deux bâtisses demandent à être changées. On note les fenêtres «vieilles, rognées et en mauvais état» de l’église. Le rapport suggère une consultation avec un artisan-fabricant. Les encadrements qui soutiennent les vitraux doivent eux aussi être changés, alors que les vitraux eux-mêmes «semblent en bon état et sont de véritables trésors patrimoniaux». Les fondations de moellons et la pierre de l’église nécessiteront une réfection immédiate, alors que des dommages, fissures et traces d’infiltration d’eau ont été observés. Refaire les boiseries, consolider la maçonnerie et le clocher de l’église, de même que réparer la cheminée et la structure de la salle paroissiale s’ajoutent aux problèmes qui demandent une intervention immédiate ou à court terme. Réparations substantielles L’audit technique complète le diagnostic de l’état des deux bâtiments. Là encore, les réparations sont substantielles. En ce qui concerne la plomberie, on y recommande notamment le remplacement de la distribution de l’eau domestique et de nombreux éléments de la tuyauterie du réseau d’évacuation des eaux usées et pluviales. Le démantèlement complet du système de chauffage de l’église, qui ne répond pas aux exigences de ventilation, devrait être effectué et l’ancien système à l’eau remplacé par des plinthes électriques. D’importants travaux électriques sont recommandés – du remplacement des prises de courant à celui de tout le filage et de l’ensemble des appareils d’éclairage de la salle paroissiale et de l’église. Un système d’alarme incendie doit aussi être installé. Dans le bilan général de l’état de la structure des bâtiments, on note un mur très endommagé de l’église, de même que le clocher «dans un état très endommagé – bois pourri et en dégradation avancé». Un diagnostic similaire est réservé à l’extrémités des poutres. Néanmoins, «la structure de l’élise est dans un état jugé raisonnable, sachant que plus de 175 ans se sont passées depuis sa mise en œuvre». Des fissures rendent nécessaire la réfection complète d’un mur et devront être surveillées en raison du risque d’infiltration d’eau. Des coûts qui en cachent d’autres? Selon ces documents, la facture totale pour l’ensemble des travaux devrait avoisiner le million de dollars – 1,2 M$ incluant les taxes. Rappelons que la Ville a acheté le parc St. Mark, incluant les deux bâtiments patrimoniaux, pour un montant de 1,4 M$, incluant la réalisation d’études. En novembre, une réduction de 100 000$ du prix de vente a été accordée, à la lumière des réparations à venir. Cependant, ces inspections sommaires laissent en suspens plusieurs points d’interrogation, selon les élus de l’opposition officielle. D’abord, la nature même des inspections – basée sur une analyse de plans, une visite des lieux et une analyse photographique – laisse entendre que d’autres inspections devront être effectuées. Et le coût de celles-ci n’a pas été comptabilisé. L’expertise technique recommande notamment une «étude détaillée en environnement pour définir s’il y a présence de contaminant dans les bâtiments. […] Ces éléments ont une incidence sur le budget des travaux.» La visite de la salle paroissiale a relevé des traces évidentes d’infiltration d’eau, ce qui commanderait des tests de moisissures. De plus, l’analyse recommandée du clocher de l’église n’est pas prise en compte dans les coûts. «Pour l’église, les observations adéquates des fondations n’ont pas pu être faites, mais il est fort possible de trouver des fissures à travers le mur en maçonnerie», relève également l’opposition. Le conseiller municipal Benoit L’Écuyer s’inquiète du coût de certaines réfections, qui pourraient s’avérer plus dispendieuses que ce qu’indique les rapports d’inspection. L’expertise technique évalue par exemple à 37 000$ le remplacement des fenêtres de l’église, ce qui n’est pas l’évaluation d’un artisan expert. L’audit technique omet également de chiffrer divers travaux mécaniques, comme l’installation de gicleurs. Par ailleurs, l’opposition se demande pourquoi la réfection de la toiture est prévue en bardeaux, alors que le rapport recommande une toiture d’ardoise. Selon les informations transmises au cabinet de l’opposition, une toiture d’ardoise serait trop lourde pour la structure, ce que ne relève toutefois pas le rapport. Benoît L’Écuyer est l’unique conseiller municipal à avoir voté contre l’achat des bâtiments patrimoniaux par la Ville, en août. Ses collègues Xavier Léger, Michel Lanctôt et Colette Éthier ont comme lui voté contre la réduction du prix de 100 000$, en novembre. [caption id="attachment_86056" align="alignnone" width="444"] La salle paroissiale[/caption]