Contenir le monument[al]: entre exposition et art public, faire écho

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Par Ali Dostie
Contenir le monument[al]: entre exposition et art public, faire écho
L'oeuvre Des repentirs no 1, de Jean-Robert Drouillard. Derrière, Montagne du silence, de Chloé Beaulac (Photo : Ali Dostie - Le Courrier du Sud)

L’exposition Contenir le monument[al] présentée à la Maison de la culture de Longueuil dévoile des œuvres de cinq artistes dont les Longueuillois ont fort probablement déjà vu une part de leur travail, soit leurs œuvres d’art public qui ornent les parcs et espaces de la ville. Mode de présentation différent, et pourtant, un pont possible avec leurs créations entre quatre murs qui contiennent, à leur façon, cette part de monumental.

De ces cinq artistes de Longueuil, deux ont créé une œuvre originale pour l’exposition, avec cette volonté de mettre en valeur l’espace Marcel-Robidas et de faire écho à leur création d’art public.

C’est le cas entre autres d’Éric Cardinal, dont l’œuvre Percées a récemment été installée dans le parc Marie-Victorin. Art public oblige, le choix de matériaux pérennes s’était imposé, mais a influencé la création de celui qui inscrit habituellement sa démarche dans l’éphémère.

«J’ai été agréablement surprise de retrouver les mêmes motifs floraux, qui font penser à son œuvre dans le parc Marie-Victorin, dans ses détails, remarque la commissaire Pascale Tremblay. Son autre œuvre de l’exposition, avec ses arabesques, reprend aussi la forme de Percées

La Famille Plouffe, auteure de l’œuvre Y’a pas l’feu! Y’a pas l’feu?, au carré Saint-Jean-Baptiste, voisin de la Maison de la culture, poursuit dans la même lignée, à la fois commémorative et ludique, et s’inspire du bâtiment qui a abrité jusqu’à tout récemment une caserne de pompiers.

«Leur démarche va toujours en fonction de l’histoire, de l’essence du lieu. Ils ont utilisé des images d’archives, des témoignages de pompiers: les gens font un voyage de l’histoire de l’édifice, détaille Mme Tremblay. Dans leur pratique, il y a toujours ce côté performatif.»

Remodeler

L’oeuvre Scram! Saperlipopette!, de la Famille Plouffe. Dans les couleurs, un clin d’oeil à leur oeuvre d’art public, située à deux pas.

Tant avec ces artistes qui ont créé expressément pour l’exposition qu’avec les trois autres créateurs choisis, la commissaire se réjouit des nombreux échanges et du «magnifique travail de collaboration» derrière Contenir le monument[al].

Parmi la liste de tous les auteurs des œuvres d’art public de Longueuil, Pascale Tremblay a privilégié, chez ceux du courant d’art actuel, ceux où l’on retrouvait un écho entre leur pratique d’œuvre d’art public et celle en galerie.

Le lien se fait par exemple aisément entre le Cœur de plume de Jean-Robert Drouillard et sa sculpture anthropomorphe Les gardiens, devant la bibliothèque Raymond-Lévesque.

Dans le travail de Laurent Lamarche, la commissaire s’est intéressée à la façon dont il est modelé par le lieu qui l’accueille. Pour Jardin zootronique, c’est le toit de la Maison de quartier Saint-Jean-Vianney.

«Sur les bâtiments, il a exploré des matériaux différents. Je trouve ça intéressant de voir comment il a changé sa manière de faire dans l’art public et ensuite, il a intégré cette recherche dans ses œuvres de musées et de galeries.»

«Les œuvres de Lamarche vont dans le micro, le détail très fin, poursuit-elle. En art public, c’est aussi exploré, dans une autre dimension.»

Certaines créations peuvent à l’inverse se retrouver telles quelles – exception faite du format – à l’intérieur comme à l’extérieur, tels les photomontages de Chloé Beaulac.

Dialogue

Avec son bagage en théâtre, la commissaire Pascale Tremblay aborde la mise en espace d’une exposition comme une mise en scène.

«La sélection de Chloé Beaulac, avec le puits de lumière, raconte une histoire. On présente le lieu autrement», illustre-t-elle.

La mise en espace témoigne aussi clairement de cette volonté de tourner le regard vers l’art public: les panneaux bloquant normalement les fenêtres ont été retirés, afin de créer cette ouverture sur l’extérieur, donnant à voir – tiens donc! – l’œuvre de la Famille Plouffe.

Aux yeux de Mme Tremblay, il importe aussi de susciter une forme de conversation entre les œuvres.

«Le lien entre des techniques et des thèmes permet de faire des associations, mais aussi de surprendre. Pour l’œil de certains, les esthétiques peuvent sembler différentes, mais c’est correct. À l’instar d’une œuvre d’art public, qui peut jurer à côté d’une table à pique-nique!»

«Il faut prendre le temps d’observer une œuvre à la fois. Et il y a quelque chose de foisonnant dans la disparité des imaginaires», conclut-elle.

 

 

Partir à la découverte

Un livret est mis à la disposition des visiteurs, présentant et établissant des parallèles entre les œuvres de l’exposition et les œuvres d’art public des mêmes auteurs: une invitation à partir à la découverte de ces créations.

L’exposition est présentée jusqu’au 13 septembre, le jeudi de 12h à 16h, le vendredi de 16h à 19h, ainsi que les samedis et dimanches de 11h à 14h.

 

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