De Champlain à Samuel-De Champlain

De Champlain à Samuel-De Champlain
Caricature du Courrier du Sud du 12 novembre 2014 (Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Difficile de prédire si les automobilistes de la région adopteront la nomenclature «pont Samuel-De Champlain», tant le simple nom «pont Champlain» est imprégné dans les habitudes. Mais il n’a pas toujours été acquis que l’hommage au fondateur de Québec demeure dans la toponymie.

En novembre 2014, le ministre fédéral de l’Infrastructure Denis Lebel cause la surprise en proposant le nom «pont Maurice-Richard» pour le nouveau lien entre Montréal et la Rive-Sud. Une idée morte dans l’œuf, la controverse suscitée par la nouvelle incitant le ministre à revenir sur sa décision quelques jours plus tard.

«Je suis contre cette idée, indique le maire de Brossard Paul Leduc. Encore une fois, comme pour la question du péage, le gouvernement fédéral n’a pas consulté. Ce n’est pas une démarche très habile des conservateurs.»

La mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire y voit pour sa part une tactique pour «faire dévier le débat. Pourquoi changer le nom du pont Champlain? Après tout, nous ne faisons que reconstruire un pont qui a été mal construit.»

Un mois plus tard, le gouvernement fédéral confirme que le nom «Champlain» sera maintenu.

L’historien Michel Pratt se réjouit de la nouvelle, le nom de Champlain faisant partie selon lui d’une logique «qu’il ne faut pas ébranler», en raison du nom du pont Jacques-Cartier, autre grand «bâtisseur du pays», et de l’île Sainte-Hélène, baptisée ainsi par Samuel de Champlain en hommage à son épouse.

En décembre 2018, lors d’une visite du chantier, le ministre fédéral de l’Infrastructure François-Philippe Champagne annonce que «pont Samuel-De Champlain» sera finalement le nom de la nouvelle structure. Une décision prise à la lumière de consultations menées quelques mois plus tôt auprès d’intervenants et du public.

L’Agglomération de Longueuil avait aussi exprimé sa préférence pour la nomination Samuel-De Champlain, afin de «rappeler à la mémoire la contribution de ce grand explorateur, navigateur et scientifique qui a su par-dessus tout préparer la fondation de Québec et l’établissement des Français en terre d’Amérique».

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Alain Lavallée
Alain Lavallée
1 année

J’ai produit une chronique pour Le Courrier du Sud qui a été publiée le 1 mai 2018 afin de réclamer le changement de nom , chronique que l’agglomération a endossée 3 semaines plus tard. Voici le lien vers le texte du Courrier du Sud. Le Courrier du Sud a joué un rôle dans ce respect accordé à Samuel-de-Champlain. Il devrait en être fier.

https://www.lecourrierdusud.ca/le-pont-samuel-de-champlain/

Elle commençait ainsi:

« Nous avons un aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau, un pont Jacques-Cartier, un tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine; le pont Champlain 2.0 devrait donc porter le nom Samuel-de-Champlain.

Depuis quelques décennies, il est prescrit de donner à nos infrastructures les noms complets de nos plus illustres personnages nationaux ou de personnages locaux dont nous souhaitons rappeler l’existence à nos concitoyens.
Longueuil n’échappe pas à cette règle avec sa place Charles-Lemoyne, ses boulevards tels Roland-Therrien et Jean-Paul-Vincent. Saint-Lambert non plus avec son aréna Eric-Sharp; Brossard avec sa bibliothèque Georgette-Lepage; Boucherville avec son centre Francine-Gadbois.

Notre colisée Jean-Béliveau n’est pas le colisée d’un Béliveau; c’est celui du grand Jean.

S’il y a quelqu’un qui mérite d’être rappelé à la mémoire des générations futures, c’est bien Samuel de Champlain. Il a été un grand explorateur et navigateur. Scientifique, il a été un cartographe important. Mais par-dessus tout, il a été celui qui a su préparer avec soin la fondation de Québec et, par-delà, l’établissement des Français en terre d’Amérique.

Il a étudié les quatre tentatives d’établissements que ses prédécesseurs français avaient menées: Cartier et Roberval à Cap-Rouge (1535-1543), Laudonnière et Ribault en Floride (1562-1567), le marquis de La Roche à l’île de Sable (1597), puis de Chauvin à Tadoussac (1599). Il a pris bonne note de leurs relations hasardeuses avec les Amérindiens. Et surtout, lors d’un voyage au Mexique (1599-1600), il a été témoin des mauvais traitements que les Espagnols infligeaient aux Amérindiens.

Il en est revenu avec le rêve d’un empire où Amérindiens et Européens pourraient vivre ensemble harmonieusement. Son établissement serait une colonie basée sur des alliances avec les Amérindiens. Alliances convenues à Tadoussac dès 1603, avec trois peuples algonquiens qui acceptèrent que nos ancêtres français vinssent «peupler leurs terres».

Entre 1603 et le 25 décembre 1635, date de son décès à Québec, Samuel de Champlain a traversé l’Atlantique plus de 25 fois, à une époque où ce n’était pas sans péril, les traversées durant entre un et trois mois. À lui seul, il a établi un pont vers l’Europe en passant près de quatre ans en mer afin de plaider la cause de sa colonie auprès du Roi de France. Ténacité, persévérance, humanisme.

Dès novembre 2014, des médias ont avancé l’idée qu’il fallait corriger l’erreur, l’oubli de 1960, et renommer le pont renouvelé Samuel-de-Champlain.

Voici un sujet qui devrait faire l’unanimité, tant de nos élus fédéraux et provinciaux que municipaux. Il faut agir vite. »