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Enfants maltraités : le pasteur Mario Monette et sa femme connaîtront leur sort en février

mercredi le 02 décembre 2020
Modifié à 12 h 22 min le 11 mars 2021
Par Geneviève Michaud
MISE À JOUR - Le prononcé de la sentence a été repoussé au 10 mars, puis au 15 mai Ayant plaidé coupables à des accusations de voies de fait armées, de séquestration et de menaces envers leurs huit enfants, Mario Monette et Carole Van Houtte reviendront devant le juge Marc-Antoine Carette en février pour connaître leur sentence. La procureure des poursuites criminelles et pénales réclame dix ans d’emprisonnement pour le pasteur et entre quatre et six ans pour sa femme, alors que la défense demande deux ans de détention dans la collectivité. Le couple de 67 ans était de retour au palais de justice de Longueuil cette semaine pour les représentations sur la peine. La procureure Julie Laborde a souligné que bien que les deux accusés aient plaidé coupables, ils se disent toujours «convaincus d’avoir fait les bons choix» dans la méthode utilisée pour éduquer leurs enfants. L’avocate de la défense Katherine Labelle soutient quant à elle que la gravité moindre des blessures est l’élément le plus important dans ce dossier. Prêcher le châtiment corporel [caption id="attachment_68230" align="alignright" width="444"] Mario Monette lors de son arrestation (Photo : Gracieuseté)
[/caption] Mario Monette et Carole Van Houtte ont été arrêtés en février 2019, à la suite d’une vaste enquête d’un an. Ils faisaient face à 32 chefs d’accusations pour des actes commis sur des victimes d’âge mineur, entre 1974 et 2019. Mario Monette dirigeait depuis 1982 l’Église biblique baptiste métropolitaine sud, située dans l’arr. de Saint-Hubert. En plus d’infliger des châtiments corporels à leurs enfants, Monette et sa femme prêchaient et encourageaient les fidèles à faire de même sur leurs propres enfants. Les suspects exerçaient un contrôle psychologique important sur certains membres de l’église. En septembre dernier, trois des enfants du couple ont témoigné des sévices subis sur plusieurs années. Ils ont entre autres affirmé avoir reçu à plusieurs reprises entre 30 et 40 coups de bâtons ou de ceinture, en plus d’avoir été conditionnés à croire que ces châtiments étaient «la volonté de Dieu». En contre-interrogatoire, Mario Monette a reconnu avoir «manqué de discernement» dans ses corrections, mais a indiqué que «par principe», il n’aurait pas dépassé les 20 coups. Il a de plus affirmé qu’il avait choisi de plaider coupable parce que ses méthodes ne correspondaient pas aux «standards d’aujourd’hui». Carole Van Houtte a de son côté blâmé ses enfants d’avoir porté plainte, affirmant qu’elle aurait souhaité qu’ils pardonnent à leurs parents les sévices subis dans leur jeunesse. Acharnement Le juge Marc-Antoine Carette n’a pas retenu la version des faits des deux accusés, déplorant leur «acharnement» et leur «absence de responsabilité et d’introspection». Le juge également souligné plusieurs facteurs aggravants, dont la très longue période au cours de laquelle les abus physiques ont été infligés aux enfants ainsi que les séquelles psychologiques qui en découlent. Il prononcera sa sentence le 17 février. Avec la collaboration de Philippe Lanoix-Meunier.

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