L’achalandage 63% moins élevé que la normale au Réseau de transport de Longueuil

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Par Geneviève Michaud
L’achalandage 63% moins élevé que la normale au Réseau de transport de Longueuil
Des autobus du RTL (Photo : Gracieuseté)

Ayant vu son achalandage baisser de 70% au début de la pandémie, le Réseau de transport de Longueuil a pu s’encourager de le voir remonter de 15% à la rentrée scolaire de septembre. Mais la deuxième vague est venue lui donner un autre coup dur, alors que 63% moins d’usagers que d’habitude empruntent ses services en cette fin d’année 2020.

Ce sont les lignes vers Montréal qui ont connu les baisses les plus importantes. Alors que 29 lignes sont habituellement en service dans l’axe du pont Samuel-De Champlain, seules 9 d’entre elles desservent actuellement le terminus Centre-ville.

Et alors que certains scénarios parlent d’un retour de 90 à 95% de l’achalandage d’ici décembre 2021, la président du conseil d’administration du RTL se fait plus prudent.

«On le souhaite de tout notre cœur, mais c’est un peu ambitieux selon moi», avance Jonathan Tabarah, en entrevue au Courrier du Sud.

«On espère que ça va revenir rapidement à la normale avec le déconfinement, mais on ne sait pas si des entreprises vont conserver quelques jours de télétravail», ajoute-t-il.

Un budget en baisse de 8,9%

La baisse d’achalandage drastique de 2020 a évidemment eu un impact sur les finances des sociétés de transport collectif. Le RTL a ainsi récemment adopté un budget 2021 de 186,5 M$, soit 8,9% moins élevé que le précédent.

Outre l’achalandage en chute libre depuis le printemps dernier, la baisse du budget s’explique par le transfert du bureau de projet pour le mode structurant dans l’axe du boul. Taschereau à CDPQ Infra (-14,8 M$) et par un effort global de l’organisation qui lui a permis de faire des économies de 6,5 M$ et de maintenir la contribution municipale à 2%.

 

Le président du C.A. du RTL Jonathan Tabarah

«Les sociétés de transport étant financées par les villes, la hausse de leur budget peut entraîner des augmentations de taxes; on voulait éviter ça à nos concitoyens», affirme Jonathan Tabarah.

Le RTL a tout de même eu des choix difficiles à faire, rappelle le président, dont la perte de 103 employés – des chauffeurs, des cadres, du personnel d’entretien et des employés de bureau.

«Nous avons misé sur des retraites anticipées et avons tenté de couper surtout dans les postes temporaires et à contrat. Et on a réussi à transférer certains de nos employés dans d’autres sociétés de transport.»

Des services réduits de 15%

En raison de la baisse de l’achalandage et de son impact sur les finances, le RTL a réduit son offre de 15% sur le territoire.

«Le transport sur la Rive-Sud est encore très adéquat, assure cependant Jonathan Tabarah. Et on remet des autobus sur la route au fur et à mesure que l’achalandage augmente.»

Le président souligne par ailleurs que les mesures sanitaires mises en place par le RTL, dont le port du couvre-visage et l’installation de parois protectrices pour les chauffeurs, fonctionnent bien. Ainsi, depuis le début de la pandémie, le RTL n’a rapporté que 16 cas de COVID-19 parmi ses 1200 employés.

«On n’a pas eu de foyers d’éclosion, que ce soit chez les clients ou chez les employés. Et on a reçu des félicitations de la Direction de la santé publique.»

Vers des transports 100% électriques

Malgré les temps difficiles, le RTL continue à optimiser ses services. Le président se réjouit ainsi de l’arrivée prévue de cinq midibus 100% électriques sur les routes le printemps prochain.

«Ces véhicules longs de 30 pieds vont entre autres nous permettre de desservir certains des vieux quartiers, qui sont difficiles à desservir avec nos autobus actuels de 40 pieds, en raison de la largeur des rues», explique-t-il.

«Le gros défi des sociétés de transport pour les prochaines années, c’est l’électrification, alors que le gouvernement cessera de financer les autobus à essence en 2025, poursuit Jonathan Tabarah. Mais comme je dis souvent : acheter des autobus électriques, c’est facile. Adapter les garages et l’ensemble des installations, voilà le gros défi. On espère vraiment la collaboration financière de tout le monde là-dedans, dont celle des villes et des gouvernements», conclut-il.

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