L’agrile a presque complètement rayé les frênes de la carte à Longueuil

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Par Philippe Lanoix-Meunier
L’agrile a presque complètement rayé les frênes de la carte à Longueuil
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

La vue d’un majestueux frêne dans un parc de Longueuil sera bientôt un lointain souvenir. D’ici la fin de 2020, les frênes devraient avoir quasiment disparu du territoire en raison de la propagation fulgurante de l’agrile, un insecte nuisible qui a presque complètement ravagé la population de cette essence d’arbre.

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Afin d’assurer la sécurité des citoyens, la Ville a récemment annoncé qu’elle procédera à l’abattage de milliers de frênes cet automne et l’an prochain. Une somme de 11,1 M$ sera également investie pour des opérations de verdissement, pour compenser la disparition de ces arbres.

Épidemie mortelle

Détecté pour la première fois à Longueuil en 2012, l’agrile du frêne a rapidement contaminé la population de frênes de la grande région de Montréal, entraînant inexorablement sa mort.

Jusqu’en 2018, la Ville appliquait la stratégie dite de la slow ash mortality afin de ralentir l’impact des effets ravageurs de l’agrile par le traitement des arbres, l’abattage stratégique et la plantation. Cette stratégie a eu comme seul effet de ralentir la propagation de l’épidémie et n’a pas pu l’endiguer.

Abattage et essouchement

En raison de l’infestation généralisée des frênes, la Ville a procédé à des abattages urgents afin d’assurer la sécurité de la population. Les arbres morts représentent un danger pour les citoyens, notamment dans les aires de jeux, les zones fortement fréquentées et les parc-écoles.

De 2014 à 2018, 10 000 arbres ont été coupés. Cette année, plus de 4000 frênes ont été abattus et 5000 coupes supplémentaires sont prévues en 2020. Au total, 19 000 frênes auront été rayés de la carte au terme de l’opération qui devrait prendre fin l’an prochain.

Des travaux d’essouchement seront également nécessaires afin d’assurer la sécurité des citoyens et faciliter les travaux d’entretien.

«À terme, le frêne aura pratiquement disparu du territoire de Longueuil, à part quelques exceptions dans les grands espaces nature comme le parc Michel-Chartrand, le parc de la Cité ou le boisé du Tremblay, explique Julie Martineau, du Service des communications de la Ville de Longueuil. En 2020, 99% des frênes seront morts ou en fort dépérissement.»

Avant l’épidémie, les frênes représentaient 18% de la forêt urbaine à Longueuil. Ils étaient plantés massivement dans les emprises publiques, notamment dans les parcs et les espaces verts.

Si le pourcentage de frênes sur le territoire de Longueuil est similaire à celui de Montréal et des autres villes de la Rive-Sud, sa disparition est cependant beaucoup plus apparente ici, les frênes ayant été plantés de manière plus concentrée qu’ailleurs, particulièrement dans les parcs.

Longueuil a cessé la plantation des frênes depuis 2008 et a adopté en 2015 un règlement interdisant d’en planter sur son territoire.

Reboisement et verdissement

Pour assurer la résilience et la diversité de la canopée, la Ville a multiplié ses actions de verdissement en 2019. Ainsi, 1150 arbres ont été offerts aux citoyens lors de la Journée verte et plus de 1300 arbres ont été plantés, ou le seront au cours des prochaines semaines.

Une plantation de 2600 végétaux a été organisée, spécifiquement dans le secteur Collectivité nouvelle, fortement touché par l’agrile. Plus de 1100 arbres seront ou ont été plantés dans les emprises de rues et espaces verts de la Ville. Finalement, Longueuil a fait don de 250 arbres aux citoyens qui en ont fait la demande.

Ces opérations de plantation s’intensifieront à compter de 2020.

«La plupart des nouvelles espèces d’arbres sont des érables rouges et des chênes rouges», précise Julie Martineau.

Pour suivre les opérations sur le terrain, la Ville a mis à la disposition des citoyens deux cartes interactives qui montrent l’évolution des différentes activités liées aux travaux d’abattage, à l’essouchement, ainsi qu’aux opérations de plantation. Ces cartes sont disponibles sur le site Web de la municipalité.

Qu’est-ce que l’agrile du frêne?

Originaire d’Asie, l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un insecte ravageur vert-bleu métallique de 7,5 à 15 mm. Ce parasite s’attaque à tous les types de frênes, entraînant leur mort. L’agrile du frêne n’a aucun prédateur naturel en Amérique du Nord, ce qui favorise grandement sa propagation.

Travaux d’abattage à venir

  • Parc de l’Église
  • Parc Thomas-Dubuc
  • Parc des Hirondelles
  • Parc Racine
  • Jardin du Cerf
  • Parc Champvert
  • Parc Gentilly Est
  • Parc Belcourt
  • Parc Adoncour
  • Piste cyclable le long du parc Jean-Paul-Vincent
  • Emprise municipale du boul. Jacques-Cartier Est
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Doris
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Doris

Qu’en est-il du phragmite tout aussi ravageur sur nos populations de quenouilles ?
Il ne reste qu’à peine quelques quenouilles dans le parc Michel-Chartrand et elles auront complètement disparues sous peu