Le dur métier de chauffeur d’autobus scolaire

Le dur métier de chauffeur d’autobus scolaire
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

À l’origine des retards et annulations des autobus scolaires se trouve la pénurie de main-d’œuvre, qui frappe durement les transporteurs. Selon l’un d’eux, les conditions de travail – plus ardues qu’auparavant – ne seraient pas étrangères au phénomène.

À lire aussi: Transport scolaire: d’importants retards qui inquiètent

Actuellement, Autobus Longueuil Rive-Sud et Baillargeon 2020 compte 160 chauffeurs pour effectuer les quelque 109 assignations (dont certaines comptent jusqu’à 5 circuits) pour la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), en plus de celles pour la Commission scolaire des Patriotes.

C’est trop peu. «Plusieurs chauffeurs sont des grands-parents, des retraités. Certains ont 70, 72 et même 77 ans. Après un an ou deux, ils lâchent, ils n’en peuvent plus», décrit le directeur André Southière.

Sa compagnie compte aussi des «benchers», c’est-à-dire des régisseurs disponibles pour remplacer, si par exemple un chauffeur avise le matin même qu’il est malade. «J’en ai minimum cinq et ce n’est même pas assez. J’essaie d’en avoir 10, souligne-t-il. Cet été, j’ai embauché six jeunes. Ils ont tous démissionné.»

Même les répartiteurs et garagistes ont leur permis classe 2, permettant de dépanner en cas de manque de chauffeurs. «Tout le monde met l’épaule à la roue», évoque M. Southière.

«Manque de civisme»

En filigrane de cette difficulté à recruter, M Soutière cible les nombreux irritants du métier, parmi lesquels se trouve un manque de plus en plus grand de respect… de la part des parents.

M. Southière dit recevoir des plaintes de parents chaque semaine. Et sur le terrain, les chauffeurs subissent aussi des représailles.

«C’est déjà arrivé que des parents mettent le pied dans la porte de l’autobus pour parler au chauffeur et choisir la place de leur enfant dans l’autobus», cite-t-il en exemple.

D’autres se plaignent de retards, alors qu’ils ne consultent pas l’horaire fourni par la commission scolaire.

Et sur la route, il note également un «manque de civisme incroyable».

Il n’est pas rare que des parents venant déposer leur enfant à l’école stationnent leur voiture dans l’espace réservé aux autobus. Les chauffeurs doivent patienter à une intersection plus loin, ce qui contribue aux retards.

«Il y a des pancartes, les policiers font des blitz, ça s’améliore quelques jours et ensuite, ça revient», déplore-t-il.

Des chauffeurs sont souvent témoins d’automobilistes qui brûlent des arrêts à proximité des écoles.

À cela s’ajoute le trafic, de plus en plus dense, et la gestion de 70 enfants dans un autobus.

Changements de trajets

Le nombre toujours croissant d’élèves qui intègrent la CSMV complique aussi la tâche du transporteur et des chauffeurs, qui doivent constamment modifier leur trajet.

«Ça peut aller jusqu’à 21 changements de route par jour!» illustre André Southière. Des fois, on le dit que des routes ne se font pas. On avise la commission scolaire, il y a des échanges entre transporteurs.»

M. Southière ne jette pas le blâme sur la commission scolaire. «Tout le monde veut donner un bon service.»

Sous-financement

Selon André Southière, le transport scolaire souffre de sous-financement, comparativement au transport urbain, en mesure d’offrir des conditions de travail plus attrayantes aux chauffeurs.

«Il faut s’asseoir avec le gouvernement et discuter sérieusement. Il faut redresser la situation, clame-t-il. Avec les conventions collectives, les salaires de chauffeurs augmentent, mais les revenus sont gelés depuis six ans.»

Le journal a tenté de discuter avec deux autres transporteurs scolaires. Ils n’ont pas retourné nos appels. (A.D.)

 

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Denis Beaulé
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Denis Beaulé

Ah, si vous saviez !…
Moi-même l’ai été, et longuement, chauffeur scolaire. D’ailleurs…
Le chauffeur scolaire in ‘Passe-Partout’, c’était moi.

Comme on voit, donc, ça ne s’est guère amélioré en cette aire, loin de là.
C’est rendu pénible, surexigeant, quand ce n’est pas carrément dangereux
pour quasi tout le monde.
Jusqu’aux brigadiers, qui nous en racontent des vertes et des pas mûres.

J’sais pas si l’abolition, de nuit, en fin de semaine, des CS – améliorera les choses…
Le manque de chauffeurs au scolaire correspond aux manque d’enseignantes et…
suppléantes.

On est rendu.e.s ‘loin’, hein? Bien, bien, bien « loin ».

Alain Lévesque
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Alain Lévesque

Le travail n’est toujours pas reconnu comme il devrait l’être à sa juste valeur. 🤔🤔

René Cauchon
Guest
René Cauchon

Et tout le monde laisse l’essentiel de côté. À quand un salaire décent , un régime de retraite décent, job sans avenir que pour des retraités, qui très souvent n’en veulent même pas. Les vidangeurs et les concierges ont des meilleurs salaires et de meilleures conditions. Ceux qui ne sont pas du 3ème âge doivent avoir un second emploi pour pouvoir vivre décemment. Bon sang, les chauffeurs d’autobus scolaires ont LA SÉCURITÉ DE LA VIE DE VOS ENFANTS sacre-bleu. Quand sera mis fin au laxisme des régisseurs du transport des commissions scolaires en regard de la discipline et de sortir… Lire la suite »

marlene vincent
Guest
marlene vincent

vous avez bien raison….malheureusement

Francine
Guest
Francine

J’y pense 🤔 aussi pour bientôt si j’aurais eu un fond de pension sa ferait longtemps que j’aurais pris ma retraite,en plus les automobilistes qui manque de respect ont ce fait couper à tout les jours c’est dur sur les nerfs sa prend beaucoup de patience,un terme que je n’ai jamais oublier c’est plus payant de ramasser des vidanges que des enfants

Pauline
Guest
Pauline

Bien d’accord avec les commentaires qui mentionnes que les salaires et conditions de travail sont à revoir, payé pour 30 heures mais j’en fais en pratiques 35/ semaine ce qui équivaut à 14$/de l’heure, en plus de là disciplines à faire avec les enfants qui sont de petit roi, les parents pas contents… Il faut que qqchose change car c’est une job très ingrate, ça prend une volonté politique pour ce faire, vite il faut agir.

Ghislaine
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Ghislaine

Je travail pour une autre entreprise autobus scolaire. C’est exactement la même chose. En plus de tout les conducteurs qui passe sur notre panneau d’arrêt!! C’est difficile. Les chauffeurs, les gens de la réparation, le personnel de bureaux ET les patrons doivent prendre des circuits scolaire pour y arriver.
Nous sommes syndiquer mais chaque division a un syndicat différents nous n’avons aucun recourt.

Anonyme
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Anonyme

Malgré que je suis bien ou je travail et Jaime mon circuit, plus d’appuis du gouvernement serai apprécié. Je suis gâté car on est bien entouré mais le salaire devrait être plus avec la responsabilité que nous avons. Tellement de détails et risques, de se concentrer sur la route et les enfants.. Ces comme si on était formé sur le tas comme éducatrice sur roue.. Je suis dans la quarantaine pas retraitée car ces un deuxième salaire et je trouve ça dommage que ca ne pourrai pas être le salaire principale du fait que nous aimons notre travail.

Ronald
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Ronald

On s’en va vers un mur. Surprise….NON. Ca fait quand même plusieurs années que le manque est apparent. Rien n’est fait. On attends quoi? Fermeture de circuit par manque de chauffeurs-euses. Ca prends des chauffeuses jeunes et disponibles. Faut en faire un vrai METIER . Ceci implique des salaires raisonables, des conditions dignent des années 2020. Des avantages qui attireront les nouveaux employées. Arrêtons de se mettre la tête dans le sable comme si tout s’arrangera seul. Les employeurs demanderont des subventions D’ACCORD mais avant laissez les experts du gouvernement étudier les livre comptable,les vrais livres. Apres si l’entreprise est… Lire la suite »

Anonyme
Guest
Anonyme

Etant Moi même chauffeuse d’autobus scolaire il y a plusieurs et d’énorme lacune. La barrière de la langue ( arrivant) ni le français ni l’anglais et encore moins les parents comment entrer en contact avec eux. Ont nous demande de voir à l’intimidation sans oublier que nous sommes derrière un volant. Je ne sais pas vous mais moi je suis constamment dans le traffic et les parents ne sont vraiment pas toujours compréhensifs sur nos retards du à la circulation dense . La commission de transport veux nous introduire des iPads afin d’enregistrer tous les enfants qui entre et sorte… Lire la suite »

Rejean Nadon
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Rejean Nadon

Bonjour, J’ai vécu l’expérience pendant deux ans. Je lève mon chapeau à tous les chauffeur(e)s. L’article dit bien ce qu’ils vivent au travail. Ils sont en plus des éducateurs auprès des jeunes et de leur famille. Malheureusement, les conditions de travail (normes et salaires) ne sont pas a la hauteur. Les entreprises de transport sont coincées entre le Ministère et les commissions scolaires nous disent elles sauf que si ce n’est pas profitable, elles ne seraient pas dans ce marché? Il faut donc que tout le monde mettre l’épaule à la roue pour améliorer les conditions de travail des chauffeurs… Lire la suite »

Daniel Lussier
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Daniel Lussier

Bonjour,je peux vous en parler longtemps de chauffeur d,autobus scolaire,je suis encore chauffeur,et je peux vous dire que nous sommes laissé a nous meme dans ce métier,tu n,as aucune appui des commissions scolaires car aujourd,hui c,est les parents qui ont le contrôle,quand l,enfant se plaind du chauffeur aux parents sans hésiter ils partent en vitesse pour aller voir le chauffeur et l,engueler par dessus la tete meme si il y as d,autres enfants dans l,autobus,ca fa que l,enfant devient le roi sans que les parents demande au chauffeur sa version,et en plus nous n,avons souvent pas le temps de leur… Lire la suite »

Francine
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Francine

Je viens de vivre sa un parent qui gère l’emplacement de son enfant qui me causait des problèmes mais la directrice de l’école est venue en discuter et m’a dit qu’elle ne voulait pas de plainte,si le parent à eu son désir elle va recommencer il y a longtemps un directeur de la commission scolaire aurait répondu qu’elle avait un privilège et que si elle n’était pas d’accord il aurait dit transporter votre enfant vous même,personne ne mes son pied à terre plus tard ce sera l’enfant qui fera la même chose pour son enfant il n’y aura pas de… Lire la suite »

DD
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DD

Quand même que les chauffeurs seraient payés 32$/h il n’y a pas une paye qui peut compenser avec l’arrogance et l’ignorance des enfants et parents. Chauffeuse de ville, je vous garanti qu’une seule solution pourrait fonctionner à condition que tout le monde y mettre l’épaule à la roue et c’est la discipline. Si personne ne se discipline ou discipline ces enfants alors les chauffeurs déserteront leur emploi et tous vous vous retrouverez sans transport pour vos enfants. Je le sais j’ai pris ma retraite prématurément à cause des impolitesses, de l’arrogance, des plaintes bidons etc…. Chauffeuse d’expérience!