Une entente entre Saint-Lambert et un employé crée des remous

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Par Katherine Harvey-Pinard
Une entente entre Saint-Lambert et un employé crée des remous
L'hôtel de ville de Saint-Lambert (Photo : Le Courrier du Sud - Archives)

La tenue d’une séance extraordinaire du conseil municipal de Saint-Lambert le 3 février a provoqué de vives réactions chez les élus. Alors que certains d’entre eux clament l’illégalité de la séance, le maire Pierre Brodeur prétend le contraire. Au cœur du débat : une entente conclue avec l’employé 0002.

Comme la Ville refusait de dévoiler le nom de l’employé, Le Courrier du Sud a fait une demande d’accès à l’information afin d’obtenir les détails de ladite entente. Bien que le nom ait été caviardé, il y a lieu de croire qu’il s’agit du directeur général, Georges Pichet.

Le directeur général de la Ville de Saint-Lambert Georges Pichet

«L’Employé consent à collaborer avec l’Employeur aux fins d’assurer la continuité de la direction de la Ville ou d’assurer une transition avec la nouvelle direction générale après son départ, le cas échéant», peut-on lire dans l’entente.

Rappelons que lors d’une séance d’octobre, M. Brodeur avait dénoncé du harcèlement à l’endroit du directeur général, qui se serait notamment fait traiter de «crapule» par un conseiller.

Les documents de la Ville indiquent que l’entente de principe met «un terme définitif à l’ensemble des différends, passés, présent et futurs» entre les parties, «les opposant sans l’intervention des tribunaux par la conclusion d’une transaction».

L’entente octroie à l’employé une indemnité de 20 000$ en «compensation de dommages moraux» qu’il allègue avoir subis, en plus d’une indemnité de départ de salaire de 14 mois, qui s’élève à 211 314$. L’employé quittera pour la retraite le 1er  juillet.

Seuls les conseillers Francis Le Chatelier, Philippe Glorieux, Julie Bourgoin et David Bowles ainsi que le maire étaient présents à la séance extraordinaire, dont l’unique point à l’ordre du jour visait l’approbation de l’entente. Francis Le Chatelier a voté contre. La résolution a donc été adoptée à la majorité.

Légale ou illégale?

Certains conseillers ont questionné la légalité de l’entente puisque la séance du 3 février n’aurait pas été convoquée au moins 24 heures avant sa tenue, comme le prévoit la Loi sur les cités et villes.

Le conseiller Loïc Blancquaert a notamment soutenu que l’assemblée du 3 février avait été convoquée à «un moment où la majorité des conseillers avaient indiqué qu’ils n’étaient pas disponibles».

Le maire Pierre Brodeur a contredit ces allégations et assuré que la rencontre s’est tenue dans la légalité. Le point s’est tout de même retrouvé à l’ordre du jour de la séance ordinaire suivante, le 15 février, le conseil estimant qu’il était mieux d’adopter à nouveau la résolution «afin d’éviter un débat inutile», selon les documents de la Ville.

Après que deux amendements proposés par des conseillers pour modifier l’entente aient été rejetés, les membres du conseil ont dû voter sur la résolution, qui a de nouveau été adoptée à la majorité. Notons que le conseiller Bernard Rodrigue s’est retiré de tout vote dans le dossier.

Confidentialité

En début de séance, le maire s’est abstenu de répondre à plusieurs questions de citoyens en lien avec l’entente pour des raisons de «confidentialité».

Lors du tour de table, la conseillère Brigitte Marcotte est revenue sur le sujet.

«Légal, illégal… Moi la question que je me pose, la plus importante, c’est de savoir si c’est acceptable. Le maire nous parle de confidentialité. C’est rendu que ce mot fait partie de toutes les rencontres, a-t-elle déploré. Moi je veux parler de transparence avec l’argent de nos citoyens. On leur a demandé de nous élire, je leur ai demandé de voter pour moi pour m’assurer que leur argent est bien géré, qu’il y a de la transparence. Malheureusement, le conseil parle beaucoup de confidentialité, je suis tannée.»

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Caroline Derome
Caroline Derome
1 mois

Je crois malgré tout que c’est une entente qui s’avèrera très rentable et profitable … peu importe les sommes versées. Mais pourquoi attendre le 30 juin pour un départ ?

Serge Gracovetsky
Serge Gracovetsky
1 mois

La vrai question est celle-ci. Pourquoi donner 20K$ à une personne qui a créé tant de dommages à la ville (gestion du quartier victoria, des millions de dépassements de coût de divers projets etc..) et qui, de surcroit, se plaint de harcèlement après avoir semé le désordre dans l’administration de la ville (pensez à la réorganisation du Centre des Loisirs (3 directeurs en une année), aux nombreuses démissions de directeurs et de personnel en congé de maladie etc…). Il suffit de lire les descriptions du climat de travail d’un ingénieur qui a quitté la ville en 2019. C’est effarant. Mais la cerise est que cette plainte n’a jamais été validée par quiconque. Il s’agissait d’une citation par une compagnie privée qui n’a jamais soumis aux autorités compétentes le pourquoi de ses conclusions. Pourtant, certains conseillers, particulièrement frileux pour leur propre réputation, n’ont pas hésité a salir un collègue sans avoir la moindre preuve de la véracité des allégations. Est-ce la une manœuvre politique ? Il semble qu’à Saint-Lambert, les faits importants et inconvénients soient classés confidentiel. Une vrai farce qui va nous couter 20K$. Quant au souci soudain pour les montants des éventuels frais juridiques, je rappelle la brillante manœuvre de notre administration qui a conduit à gaspiller 325K$ dans une poursuite qui s’est conclue par le gain astronomique de 6K$. Génial. On se rappellera les promesses électorales du maire qui en 2017 promettait de réduire les frais juridiques de ses prédécesseurs. On a vu. On a surtout payé pour ces bourdes.