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Voir l’humain derrière le cycliste

mardi le 21 septembre 2021
Modifié à 0 h 00 min le 22 septembre 2021
Par Geneviève Michaud

Thibaut Duchene croit qu’il faut «humaniser» les cyclistes auprès des automobilistes. (Photo : Depositphotos)

Le 4 novembre 2020, Thibaut Duchene était arrêté au feu rouge de la rue Sainte-Hélène, alors qu’il circulait à vélo sur la rue Saint-Laurent Ouest. Lorsque le feu a viré au vert et qu’il est reparti, une voiture l’a frôlé de très près.

«J’ai crié et j’ai levé la main dans les airs pour signaler ma surprise, raconte-t-il au Courrier du Sud. Environ 50 mètres plus loin, l’automobiliste s’est arrêté pour me lancer que je n’avais rien à faire là, que je devrais aller sur une piste cyclable. Il était très agressif et il criait. Il est ensuite sorti de son véhicule et m’a sauté dessus», se remémore le cycliste.

Des passants sont venus en aide à M. Duchene et l’automobiliste a pris la fuite dans son véhicule, mais non sans que quelqu’un note son numéro de plaque. L’homme fait aujourd’hui face à des accusations de voies de fait.

«Le plus ironique dans tout ça, ajoute M. Duchenne, c’est que j’étais à cet endroit-là parce que la Ville de Longueuil venait d’annoncer qu’elle y dégagerait un chemin cyclable pour l’hiver et que je voulais voir si le secteur était sécuritaire…»

Des incidents courants

Si rares sont les incidents du genre qui mènent à des accusations criminelles, les exemples de rage au volant impliquant des cyclistes sont fréquents, selon Thibaut Duchenne, qui est membre de l’Association Vélo Longueuil.

«Si on fait un tant soit peu de vélo sur les routes, c’est sûr que ça va nous arriver, affirme-t-il. On se fait crier des insultes, les automobilistes nous frôlent ou se déportent intentionnellement parce qu’ils pensent qu’on n’a pas d’affaire là, ils klaxonnent…»

Plusieurs usagers de la route pointent plutôt du doigt les cyclistes qui ne respectent pas toujours les règles de sécurité routière.

«Des infractions, tout le monde en fait, cyclistes et automobilistes, répond Thibaut Duchene. Mais quand un automobiliste ne respecte pas le Code de la sécurité routière, l’impact est beaucoup plus grand. Le cycliste qui fait une infraction ne se met qu’en danger lui-même alors que l’automobiliste qui fait une infraction met tous les autres en danger.»

«Quand un automobiliste frôle un cycliste, le cycliste frôle la mort, poursuit-il. On n’est parfois qu’à quelques centimètres d’une chute qui pourrait avoir des conséquences dramatiques.»

L’humain avant le cycliste

Thibaut Duchene croit qu’il faut «humaniser» les cyclistes auprès des automobilistes.

«Une récente étude australienne montre que les cyclistes sont souvent considérés comme moins que des humains par les automobilistes. C’est bien souvent cela qui amène les automobilistes à se permettre leurs gestes d’agressions. Il faut leur rappeler que ce cycliste, c’est un père, une mère, un collègue, un enfant…»

«Ne pas avoir vu n’est pas une excuse, ajoute-t-il. C’est malheureusement la première chose qui est dites après bien des accidents : «je ne vous avais pas vu». Mais l’inattention tue», martèle le cycliste.

Repenser la mobilité

Thibaut Duchenne souligne qu’alors qu’il est plus qu’important d’augmenter la part modale des déplacements à pied et à vélo afin de diminuer notre production de gaz à effet de serre, l’insécurité routière est malheureusement un frein à la pratique du vélo et aux déplacements à pied.

«Les automobilistes ont un rôle important à jouer pour promouvoir tous les modes de mobilité, en aidant les piétons et les cyclistes à développer un sentiment de sécurité sur la route», soutient-il.

«Heureusement, la grande majorité des automobilistes sont courtois, mais la minorité qui pose problème doit être sensibilisée», conclut-il.

 

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