Les commerçants, premières victimes de la fausse monnaie

Les commerçants, premières victimes de la fausse monnaie

Les faux billets doivent être identifiés et refusés par les commerçants. La Gendarmerie royale du Canada propose une formation gratuite permettant de mieux les reconnaître.

FRAUDE. Afin de sensibiliser les commerçants au phénomène de contrefaçon de la monnaie, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) offre une formation gratuite, disponible sur la Rive-Sud durant tout l’été.

Depuis le 7 juin, l’étudiant à l’École de criminologie Alexandre Berlad et sa collègue Véronique Rodrigue, étudiante en droit civil à l’Université d’Ottawa, rencontrent les professionnels de la région en faisant du porte-à-porte, en tenant des kiosques d’informations ou en se déplaçant à la demande des entreprises.
Embauchés pour l’été dans le cadre du programme Commerçants contre la fausse monnaie, les jeunes recrues de la GRC informent ce public sur les mesures et les ressources pour dénoncer la contrefaçon de monnaie.

En collaboration avec l’Équipe d’intégrité financière de la GRC à Montréal, ainsi que la Banque du Canada et les Services secrets américains, le programme a rejoint plus de 600 commerçants depuis le début de l’été.

Sur la Rive-Sud, les deux employés de la GRC ont visité le Marché public de Longueuil, ainsi que les commerçants du Quartier DIX30 et de Saint-Jean sur Richelieu.

Identifier la fraude

«Nous insistons sur la reconnaissance des billets de banque en polymère, explique Alexandre Berlad. Nous expliquons notamment comment vérifier les différents éléments de sécurité comme la feuille d’érable, les lettres en relief ou la bande transparente.»

Il précise que les billets de 20$ et de 100$ sont les plus contrefaits. Et pour cause, «le billet de 20$ est le plus utilisé tandis que celui de 100$ permet aux fraudeurs d’avoir un gros bénéfice immédiat.»

Mais il y a aussi le problème des fraudes par cartes bancaires.

«En quelques secondes, une personne mal intentionnée et expérimentée peut remplacer la machine d’un commerçant par une machine qui enregistre les numéros de carte de crédit des clients, ajoute l’étudiant. Il faut être vigilant, bien vérifier les vis et les autocollants de sécurité. Le mieux est d’attacher la machine à un pied verrouillé.»

Refuser un faux billet 

«Les commerçants sont parfois gênés de refuser un billet, ajoute Alexandre Berlad. Et la plupart des gens qui ont des faux billets ne sont pas au courant. Mais il ne faut pas hésiter à refuser poliment un billet douteux. C’est aussi une façon de protéger sa clientèle, en ne remettant pas ce billet sur le marché.» 

Une fois encaissés, les faux billets sont détruits par la banque et non remplacés. Il en va donc de la responsabilité du commerçant de refuser un faux billet. 

«Tous les commerçants sont vulnérables, commente Véronique Rodrigue. Il est certain que les restaurants de type fast food, avec leur roulement de personnel important, sont particulièrement touchés. Mais on voit que même si certaines compagnies offrent des formations à leurs employés, ils peuvent aussi se retrouver victimes de fraude. Cela peut vraiment arriver n’importe où.» 

Pour les deux employés de la GRC, la vérification doit donc être un réflexe en tout temps. 

Attention à la monnaie américaine contrefaite 

L’étudiant en sécurité et études policières précise qu’une vague de faux billets américains déferle sur le Québec durant la période estivale. 

«Les commerçants d’ici ne connaissent pas assez bien les billets américains, indique-t-il. Ils sont tentés de les accepter. Il s’agit pour nous de leur donner les moyens de les identifier facilement.» 

Les commerçants souhaitant bénéficier de cette formation peuvent appeler au 1 800 771-5401 ou écrire à cdiv.communications@rcmp-grc.gc.ca 

Le faux-monnayage en bref:

– En 2016, 17 504 faux billets canadiens sont passés chez les commerçants et seulement 3362 ont été saisis.

– Les billets de 20$ et 100$ sont les plus fréquemment utilisés.

– Au Canada, l’activité de faux-monnayage à grande échelle est généralement orchestrée par des groupes du crime organisé impliqués dans d’autres activités criminelles, notamment les infractions relatives aux armes, le trafic de drogues et le vol d’identité.