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Enfants maltraités : la prison pour le pasteur Mario Monette et son épouse

jeudi le 20 mai 2021
Modifié à 11 h 57 min le 20 mai 2021
Par Geneviève Michaud

Le pasteur Mario Monette et sa conjointe Carole Van Houtte passeront respectivement les cinq et quatre prochaines années en prison pour avoir maltraité leurs huit enfants et avoir incité les fidèles de l’Église biblique baptiste métropolitaine sud, située dans l’arr. de Saint-Hubert, à faire de même. Arrêtés en février 2019 à la suite d'une vaste enquête, l'homme et la femme de 67 ans ont plaidé coupable en septembre dernier aux 32 chefs d'accusation qui pesaient sur eux, dont voies de fait armées, menaces et séquestration, pour des gestes commis entre 1974 et 2019 sur des victimes d'âge mineur. En imposant des sentences de pénitencier le 19 mai, le juge Marc-Antoine Carette a précisé que les critères de dénonciation et de dissuasion devaient primer dans ce genre de dossier. «Les mesures de corrections physiques illégales sont non seulement très nombreuses et étalées sur une période de 25 ans, mais elles sont également érigées en système pour punir les enfants, écrit-il dans son jugement. Nous sommes loin d'être en présence de gestes irréfléchis ou encore de pertes de contrôle momentanées.» [caption id="attachment_68320" align="alignleft" width="1500"] Mario Monette dirigeait depuis 1982 l’Église biblique baptiste métropolitaine sud située à dans l’arr. de Saint-Hubert. (Photo : Le Courrier du Sud - Archives)[/caption] Châtiments corporels Mario Monette dirigeait depuis 1982 l’Église biblique baptiste métropolitaine sud, située dans l’arr. de Saint-Hubert. En plus d’infliger des châtiments corporels à leurs enfants, Monette et sa femme prêchaient et encourageaient les fidèles à faire de même sur leurs propres enfants. Les suspects exerçaient un contrôle psychologique important sur certains membres de l’église. En septembre dernier, trois des enfants du couple ont témoigné des sévices subis sur plusieurs années. Ils ont entre autres affirmé avoir reçu à plusieurs reprises entre 30 et 40 coups de bâtons ou de ceinture, en plus d’avoir été conditionnés à croire que ces châtiments étaient «la volonté de Dieu». En contre-interrogatoire, Mario Monette a reconnu avoir «manqué de discernement» dans ses corrections, mais a indiqué que «par principe», il n’aurait pas dépassé les 20 coups. Il a de plus affirmé qu’il avait choisi de plaider coupable parce que ses méthodes ne correspondaient pas aux «standards d’aujourd’hui». Carole Van Houtte a de son côté blâmé ses enfants d’avoir porté plainte, affirmant qu’elle aurait souhaité qu’ils pardonnent à leurs parents les sévices subis dans leur jeunesse. Acharnement Le juge Marc-Antoine Carette n’a pas retenu la version des faits des deux accusés, déplorant leur «acharnement» et leur «absence de responsabilité et d’introspection». Le juge également souligné plusieurs facteurs aggravants, dont la très longue période au cours de laquelle les abus physiques ont été infligés aux enfants ainsi que les séquelles psychologiques qui en découlent. Lors des représentations sur la peine, en décembre dernier, la procureure Julie Laborde a souligné que bien que les deux accusés aient plaidé coupables, ils se disent toujours «convaincus d’avoir fait les bons choix» dans la méthode utilisée pour éduquer leurs enfants. L’avocate de la défense Katherine Labelle a quant à elle soutenu que la gravité moindre des blessures est l’élément le plus important dans ce dossier. La procureure des poursuites criminelles et pénales réclamait dix ans d’emprisonnement pour le pasteur et entre quatre et six ans pour sa femme, alors que la défense demandait deux ans de détention dans la collectivité. Avec la collaboration de Philippe Lanoix-Meunier.

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