Faut-il un immense carambolage pour gérer l’hiver ?

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Par René Vézina
Faut-il un immense carambolage pour gérer l’hiver ?
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Il y a l’épidémie de coronavirus et des gens coincés sur un paquebot.

Il y a aussi l’épidémie de blocages de voies ferrées et des trains coincés en gare.

Ce sont là des événements majeurs, aux accents nationaux et internationaux, qui semblent dépasser notre réalité quotidienne.

Mais la réalité nous a brutalement rattrapés, ici, le 19 février.

L’hiver a frappé sur l’autoroute 15. La visibilité était nulle, la glace noire partout. Quelque 200 véhicules se sont emboutis, des gros comme des petits, et parfois violemment. Deux personnes sont mortes et des dizaines sont blessées.

Certains diront en haussant les épaules: «Que voulez-vous, c’est l’hiver, il y a dû y avoir des imprudents.»

Peut-être.

Mas nous sommes en 2020. «Mon pays c’est l’hiver», chantait Gilles Vigneault.

La question se pose: comment se fait-il qu’on ne soit pas en mesure de prévoir ces brusques bourrasques si dangereuses, puis d’en avertir les conducteurs?

Ailleurs, par exemple, dans des pays exposés aux vagues dévastatrices, des alarmes retentissent en cas de danger. Ici, ce sont des tsunamis de poudrerie qui mettent régulièrement des vies en danger. Mais rien ne met les gens en garde.

On pense relancer la course à la Lune puis coloniser la planète Mars. Et il serait toujours impossible de prévoir et de gérer ce qui arrive chez nous, l’hiver, sur Terre?

Ce qui vient de se passer sur l’autoroute 15 aura d’importantes conséquences économiques, en plus des drames humains.

Des centaines de citoyens vont se demander quoi faire de leur voiture amochée, sinon détruite. Avec des factures de réparations qui vont s’empiler.

Mais ce n’est rien à côté des blessés graves, qui vont devoir se réadapter, s’ils en ont la possibilité, en modifiant peut-être leurs rêves d’avenir.

Sans compter les entreprises de camionnage, soumises aux diktats du «Just in time» avec les livraisons sans délais.

Des délais, il y en aura. Des chauffeurs traumatisés par ce qu’ils ont vécu, il y en aura aussi, on peut les comprendre, mais l’industrie du camionnage est déjà en situation de pénurie sévère… Elle n’a certainement pas le luxe de perdre des gens qualifiés.

Oui, le vent soufflait fort et la neige légère s’est transformée en méchante poudrerie ce 19 février.

«Act of God», comme disent les Anglais? Plus maintenant. On connaît les zones à risque sur les autoroutes à grand trafic. Il faut agir pour protéger les citoyens qui n’ont d’autre choix que de prendre la route.

(Propos recueillis par Gravité Média)

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