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Impacts de la pandémie sur l'industrie aérienne : l'Aéroport de Saint-Hubert en relative bonne posture

mercredi le 28 octobre 2020
Modifié à 15 h 35 min le 28 octobre 2020
Par Katherine Harvey-Pinard

kharvey-pinard@gravitemedia.com

L’importante secousse qu’a subie l’industrie aérienne dès les premiers mois de la pandémie se fait toujours sentir et l’Aéroport de Saint-Hubert n’y échappe pas. La diversification de ses activités et sa «bonne santé financière» lui permettent toutefois de s’en tirer en bonne position. À l’échelle nationale, le nombre de passagers diminuera de 75% d’ici la fin de 2020 et de plus de 65% en 2021, selon une lettre ouverte signée par le directeur général du Réseau québécois des aéroports, Romain Girard, et le président du Conseil des aéroports du Canada, Daniel-Robert Gooch. En avril et mai, les services aériens au Québec ont drastiquement chuté de plus de 90%. «Il y a eu une baisse substantielle qui frappe de plein fouet tous les acteurs de l’industrie, indique le président de Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L), Charles Vaillancourt, au Courrier du Sud. À la fin, l’argent que paient les passagers pour voyager, c’est ce qui finance les opérateurs de lignes aériennes, les fabricants d’avion, les fabricants de composantes d’avion, les ateliers d’entretien et les aéroports.» Selon M. Vaillancourt, l’industrie aérienne n’envisage pas un retour à la normale avant 2024. «L’industrie était vraiment sur une lentille, juste avant la pandémie, dit-il. Les commandes d’avions étaient énormes, la croissance anticipée d’ici 2030 était gigantesque. Tout ça a été complètement freiné.» Saint-Hubert «en bonne santé financière» Comme l’Aéroport de Saint-Hubert n’offre pas beaucoup de vols de passagers, qui représente le secteur le plus touché, il est moins affecté par la situation actuelle que d’autres aéroports de la province. «On a une diversification dans nos activités, avec l’aviation d’affaires, les hélicoptères, les services d’urgence, les écoles de pilotage, les vols nolisés vers le nord. Tout cela nous rend moins sujet à une forte baisse», explique M. Vaillancourt. Néanmoins, l’Aéroport n’échappe pas totalement aux effets de la pandémie. La baisse de revenus s’est surtout faite sentir au début du confinement, «particulièrement quand les écoles de pilotage ont cessé leurs opérations», indique la directrice générale de l’Aéroport de Saint-Hubert, Jane Foyle. À la fin de septembre, les revenus aéronautiques, qui comprennent les revenus associés aux frais d’atterrissage des avions et les redevances sur le carburant à l’aéroport, se situaient à 60% de ce qu’ils étaient à la même date l’an dernier. Quant aux vols vers le Grand Nord, ils ont diminué environ de moitié, selon Mme Foyle. Heureusement, l’établissement se trouve dans une «bonne santé financière», selon Charles Vaillancourt. «La raison pour laquelle on va passer à travers la crise, sans aucun doute, c’est que l’aéroport n’a pas de dettes et est géré de façon très serré», affirme-t-il. Il ajoute que l’aéroport profite de la pause des activités aériennes pour «plancher sur des plans de développement pour être bien positionné lors de la reprise». Pas de subventions Aux États-Unis, les transporteurs aériens ont reçu plusieurs milliards de dollars en subventions gouvernementales. Au Canada, aucune aide directe n’a encore été accordée aux aéroports. «C’est absolument désolant de voir que Air Canada est en train de dépenser son trésor de guerre à rester en vie pendant que ses compétiteurs reçoivent des milliards et des milliards en subventions», lance M. Vaillancourt. Quant à l’Aéroport de Saint-Hubert, il se fie sur le Programme d’aide aux immobilisations aéroportuaires (PAIA) du gouvernement fédéral, qui a permis de refaire la piste principale en 2017, pour l’aider à contrer les effets de la pandémie. «On doit remplacer toute la clôture qui fait le tour de l’aéroport, ça fait des années et des années, indique Mme Foyle. Le programme PAIA, qui va peut-être augmenter, va nous permettre de faire des investissements dans nos infrastructures. C’est une façon de nous aider.»