Opinion

La cannibalisation entre nos écoles

mercredi le 18 mai 2022
Modifié à 9 h 40 min le 16 mai 2022

Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain (Photo: Gracieuseté)

L’école publique, ça devait être un accès pour tous aux meilleures ressources. Avec la commission Parent dans les années 1960, c’était l’intention : nous offrir, en tant que société, le cadeau d’une éducation de qualité pour tous. « Si le Rapport Parent demeure un essentiel référent de l’évolution sociale du Québec, c’est qu’il a incarné une double aspiration de son époque : celle de l’entrée du Québec dans la modernité et celle de la démocratisation de la société québécoise», a dit Guy Rocher.

Jean-François Guilbault

Président du Syndicat de Champlain

Or, si l’on entrait dans la modernité dans les années 1960, l’ironie, aujourd’hui, démontre que nous avons reculé bien loin en arrière. Une éducation archaïque à trois vitesses où les élèves des classes ordinaires ne se voient pas offrir l’élément motivateur des programmes particuliers réservés aux mieux nantis et à ceux qui performent plus. Et ce n’est pas la faute du personnel! On a beau réunir les plus brillants astronautes, si la navette spatiale est construite en carton, personne ne marchera sur la Lune.

Des élèves qui auraient décroché s’ils n’avaient pas pu pratiquer leur sport préféré, peindre, participer à une activité sociale ou jouer d’un instrument de musique, nous en connaissons tous. Alors que l’éducation devait être un ascenseur social accessible à tous, elle s’est malheureusement transformée en expédition en montagne remplie de crevasses pour plusieurs élèves mal équipés, faute de réelle volonté de la part des élus de les aider.

La cannibalisation des écoles publiques par le privé subventionné et les projets particuliers est devenue tellement problématique que les parents font tout pour éviter à leurs enfants d’y être inscrits!

Évidemment, il existe des solutions. Les élèves demandent d’étudier dans des programmes qui les motivent et c’est tout à fait normal! Eh bien, il est de la responsabilité de l’État, des décideurs que nous élisons, de rétablir la démocratisation de l’éducation. Le fruit est très mûr, il est maintenant temps de reprendre le débat de société que nos prédécesseurs avaient entamé, il y a 60 ans.