La première charte française sur le droit au jeu dévoilée à Longueuil

La première charte française sur le droit au jeu dévoilée à Longueuil

Le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie a dévoilé la Charte sur le droit au jeu à des centaines d’éducatrices et d’intervenants du milieu de la petite enfance.

Crédit photo : Robert Côté - Le Courrier du Sud

Le 21 août, le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM) a dévoilé la première Charte française sur le droit au jeu, qui s’appuie sur l’article 31 de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations-Unis.

Cette démarche a d’abord été initiée par la International Play Association et a largement été suivie à travers le monde. De telles chartes sont actuellement disponibles dans une quinzaine de langues et ont été adoptées par des organisations de nombreux pays. Le RCPEM a initié la version traduite et adaptée en français, qui défend activement le droit des enfants à jouer librement. Le regroupement a rappelé qu’à «l’heure où les concepts de réussite éducative, de maturité scolaire, de transition scolaire, de préparation à l’école et d’activité éducative font partie des réflexions pédagogiques en petite enfance, il s’avère important de ramener au cœur de nos questionnements la valeur accordée au jeu».

Un principe «simple et évident»

Une centaine d’éducatrices et plusieurs intervenants du milieu de la petite enfance étaient présents pour le dévoilement de la Charte, qui soutient et privilégie le jeu comme une stratégie d’apprentissage naturel pour les enfants.

Catherine Trudeau

«Si vous avez répondu présent à l’invitation du regroupement, c’est que vous adhérez à un principe simple et évident: vous êtes d’accord que les enfants ont le droit de jouer, a lancé la comédienne et animatrice de l’événement Catherine Trudeau. Chaque jour, vous privilégiez le jeu qui est initié par l’enfant et issu de sa propre motivation. Nous voulons, ensemble, briser les barrières qui empêchent les enfants de jouer et tout mettre en œuvre pour accorder leur tout le temps et l’espace nécessaire.»

La directrice du RCPEM Claudette Pitre Robin a dénoncé que «certains discours tentent depuis trop longtemps de faire croire que la meilleure option pour garantir la réussite éducative des jeunes serait la scolarisation précoce».

«Les recherches le prouvent: c’est le jeu qui est fondamental et non optionnel pour le jeune enfant. C’est son outil principal de développement, sa principale stratégie d’apprentissage naturel. Il est donc urgent de le considérer publiquement et unanimement comme tel», a-t-elle ajouté.

Sensibiliser la population et les élus

Afin de sensibiliser la population et de susciter la réflexion, le RCPEM a profité du dévoilement de la Charte pour lancer une campagne promotionnelle sous le thème de Jouer pour le plaisir d’apprendre. Le regroupement profitera également de la campagne électorale provinciale pour sensibiliser tous les candidats et insistera pour que les principaux partis se prononcent sur les enjeux sociaux qui en découlent.

Le RCPEM invite d’ailleurs tous les centres de la petite enfance et les organisations du milieu à adopter les principes de la Charte, «en prenant un engagement moral et politique en faveur du respect des besoins fondamentaux des jeunes enfants».

Les engagements de la Charte sur le droit au jeu

  • Offrir un milieu de vie sain, harmonieux et inclusif qui respecte l’intégrité de chaque enfant
  • Soutenir la motricité libre de l’enfant en offrant un environnement sécuritaire, naturel et favorable à la santé
  • Proposer temps et lieux dont l’enfant peu disposer comme bon lui semble, le temps étant la matière première pour se construire et grandir
  • Favoriser le développement optimal de l’enfant par des environnements diversifiés et complexes, dans le regard attentif de l’adulte
  • Encourager les possibilités d’éveil, d’exploration et d’expérimentation dans des environnements naturels permettant l’interaction avec le monde animal, végétal et minéral
  • Offrir à l’enfant des possibilités de s’investir à son rythme pour créer et transformer son monde, en utilisant son imagination à travers différents modes d’expression
  • Amener l’enfant à explorer et à comprendre l’histoire culturelle et artistique de sa communauté, d’y participer, d’y contribuer et de la façonner
  • Offrir des environnements physiques qui sont malléables, riches en stimulus et qui touchent à tous les aspects du jeu, en privilégiant le jeu initié par l’enfant et issu de sa propre motivation
  • Sensibiliser tout individu qui gravite autour des enfants à l’article 31 de la Convention relative aux droits des enfants, quant à la légitimité et la valeur du jeu
  • Prendre tous les moyens nécessaires pour donner à chaque enfant accueilli en collectivité l’accès quotidien à un environnement extérieur riche et adapté à ses besoins

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