Laurent Desmarchais fait fi de la pression

Par Rédaction
Laurent Desmarchais fait fi de la pression
Laurent Desmarchais (Photo : Golf Québec)

À 19 ans seulement, le golfeur amateur Laurent Desmarchais a réalisé un exploit hors du commun, le 11 septembre, au TPC Toronto, en remportant les grands honneurs de la quatrième et dernière étape de la Canada Life Series.

Le Longueuillois d’origine a amorcé en force ce tournoi organisé par le Mackenzie Tour – PGA TOUR Canada, qui regroupait les meilleurs joueurs professionnels et amateurs de la nation.

Il a tout d’abord remis une carte de 62 (-9), sa meilleure de la saison, avant de retrancher quatre autres coups à la normale (67) lors de la seconde ronde, lui permettant de conserver les commandes du tournoi à l’aube de la dernière journée de compétition.

«J’étais un peu moins nerveux pour ce dernier tournoi. J’avais participé aux trois autres événements de la série, alors j’avais déjà un peu plus d’expérience. Je m’étais habitué au niveau et à la pression», avoue Desmarchais, qui savait exactement quoi faire pour avoir du succès lors de sa ronde ultime.

«Quand tu es en avance, tu veux absolument avoir un bon start pour conserver ton avance devant les autres joueurs, alors je voulais retrancher des coups rapidement dans la ronde. Il y avait aussi quelques autres golfeurs bien placés dans le groupe devant moi, alors je n’avais pas beaucoup d’espace de manœuvre.»

Tel un vétéran aguerri, Laurent Desmarchais a livré la marchandise sans trop savoir ce qui se passait ailleurs sur le terrain. Mais quelques signes précurseurs ont commencé à émerger au 17e trou, où il a calé un long roulé pour sauver le bogey.

«Je n’avais aucune idée des pointages des autres compétiteurs, mais quand j’ai réussi mon roulé, tout le monde au tour du green a sorti son cellulaire, alors je savais que quelqu’un était proche de moi. J’ai ensuite demandé les scores à un arbitre au 18e et il m’a confirmé que j’étais toujours en avance, mais qu’un groupe n’avait pas encore terminé», raconte-t-il.

Après une approche ratée et un coup roulé le laissant à plus de huit pieds de la coupe au dernier trou, tous les yeux étaient rivés sur le jeune Québécois. Surtout ceux du Britanno-Colombien Callum Davison, qui s’était approché pour regarder ce qui allait être le dernier coup de la journée.

«Quand je l’ai vu, je savais qu’il était proche de moi. Il fallait absolument que je réussisse mon roulé pour gagner ou pour forcer la prolongation. Finalement, j’ai fait un excellent putt qui m’a donné un par et qui m’a fait gagner. J’étais vraiment content!» poursuit l’auteur d’un cumulatif de -17 (196).

Quelques jours plus tard, Desmarchais avait toujours du mal à réaliser l’ampleur de cette performance qui ne se rapproche en rien de ce qu’il a vécu jusqu’à maintenant dans sa jeune carrière. Ni même la Coupe du monde junior disputée avec les autres membres de l’équipe canadienne en juin 2019.

«Je n’ai jamais vécu quelque chose de semblable! C’est un tournoi où le calibre est très élevé et je suis vraiment fier du résultat.»

«Il est en mission»

Il y a plusieurs années que Daniel Langevin et Benoit Lemieux, deux entraîneurs impliqués à plusieurs niveaux dans le golf québécois, entraînent Laurent Desmarchais. Et aux dires de Lemieux, il n’est pas surprenant de le voir obtenir sa part de succès à un niveau aussi élevé.

«Il faut comprendre que Laurent est en mission! Lui, quand il commence un tournoi, il est là pour gagner. Il est de nature confiante et il met toujours le travail pour y arriver. Ça prend des nerfs d’acier pour gagner ce genre de tournoi à 19 ans, mais ça vient avec son attitude de base», commente l’entraîneur-chef des programmes Sport-études du Collège de Montréal et du Cégep André-Laurendeau, tout en mettant l’accent sur le calibre de jeu relevé.

«C’est un très haut niveau! Les meilleurs joueurs qu’on a vus cette semaine sont pour la plupart des joueurs qui sont prêts pour la prochaine étape et ça se rapproche beaucoup de ce qu’on voit à la télévision. C’est vraiment l’élite qui joue dans ces tournois-là.»

Lemieux est également revenu sur le jeu de Joey Savoie et d’Hugo Bernard, deux autres jeunes golfeurs qui ont été encadrés par son collègue Daniel Langevin. Ils ont respectivement terminé 4e et 17e.

«Ça démontre que le golf québécois est en santé et que le meilleur s’en vient. Nous avons beaucoup de talent et nos nombreux athlètes sur les équipes nationales le prouvent. C’est bon pour notre province.»

Occupant les trois premières places au classement général, Desmarchais, Savoie et Bernard ont eu la chance de jouer ensemble lors de la ronde ultime, laissant place à un mélange d’adversité et de fraternité.

«Tout le monde faisait sa petite affaire pendant la journée, dit Desmarchais. Nous étions plus adversaires qu’amis, mais au 18e trou, les deux m’ont dit d’aller chercher la victoire. Ils n’étaient plus dans la course et ils n’ont pas hésité à m’encourager. C’était plaisant de savoir qu’ils étaient derrière moi.»

Source : Sportcom

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