Le paradis pour les emprunteurs, l’enfer pour les épargnants

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Par René Vézina
Le paradis pour les emprunteurs, l’enfer pour les épargnants
(Photo : Denis Germain - Le Courrier du Sud)

Aux grands maux, les grands remèdes: en neuf jours, la Banque du Canada a abaissé deux fois son taux d’intérêt directeur (celui qui sert de référence pour les banques commerciales) d’un demi-point, soit de 50 centièmes, le 4 mars, et autant, le 13 mars. Du jamais vu. Il se situe donc pour l’instant à 0,75%. Les taux hypothécaires variables et les taux sur les marges de crédit devraient donc baisser eux aussi d’environ un plein point de pourcentage.

Dans le communiqué qu’elle a émis pour accompagner sa décision, la Banque a clairement évoqué d’autres baisses si la situation se dégrade encore. La prochaine décision sera prise le 15 avril.

Pour les gens qui empruntent ou qui ont emprunté, c’est une bénédiction. Notez bien, ça ne s’applique pas aux taux d’intérêt que nous infligent les émetteurs de cartes de crédit, qui demeurent désespérément élevés. C’est pourquoi il ne faut jamais traîner un solde impayé, surtout ces temps-ci, quand les taux sur les prêts personnels continuent de baisser.

Mieux vaut – et de loin – payer ce qui reste sur sa carte allant chercher un prêt à des taux beaucoup plus bas. Mais c’est là une autre histoire.

Donc, les temps sont doux pour les emprunteurs. Mais pour les épargnants, cette annonce de la Banque du Canada n’est rien de moins qu’une malédiction. Les placements dits «sécuritaires», dépôts à terme ou obligations, n’offraient déjà qu’une pitance en termes de rendement. Ce sera maintenant la dèche; 1% pour un an sur un certificat de dépôt, et encore, alors que l’inflation, elle, atteint 2%. En d’autres mots, en choisissant cette option plus sûre, dans les faits, on perd de l’argent!

Alors, quelles sont les autres possibilités? Il n’y en a pas beaucoup, à moins de se lancer en affaires!

C’est vrai, les institutions financières ont aussi mis au point des produits alternatifs avec des potentiels intéressants, surtout quand le capital de base est garanti. Ça vaut la peine d’en parler à son conseiller ou sa conseillère.

Sinon, il reste les marchés boursiers. Oui, mais nous sommes justement en pleine période de turbulence, avec des chutes et des remontées quotidiennes comme on n’en a pas vu depuis la crise de 2008-2009. Et bien malin qui peut prédire la suite des choses.

Si vous avez les nerfs solides, si vous pouvez survivre à une chute de valeur de vos titres en espérant que la vie redevienne normale et que les marchés remontent, la bourse est pour vous.

Sinon, évitez les risques, refaites vos calculs, vos avoirs seront en sécurité, mais ils ne vous rapporteront pas grand-chose. Désolé.

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