Mourir dans la dignité, mais pas pour tous

Mme Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux,

C’est à titre de citoyennes inquiètes et empathiques que mes collègues et moi s’adressons à vous.

Maintenant légale, l’aide médicale à mourir a pu soulager les souffrances de plusieurs. Cependant, le fait d’exiger d’être apte à consentir empêche nombre de demandeurs d’avoir accès au privilège de recevoir l’aide médicale à mourir.

En effet, le fait d’avoir une maladie dégénérative occasionnant un déclin marqué et irréversible amène également un refus d’administration, malgré le consentement éclairé du demandeur. Ces gens souffrent pendant des mois, voire des années, avec aucune chance d’amélioration de leur qualité de vie selon leur appréciation personnelle.

Lors de la publication du Rapport sur la commission des soins de fin de vie, vous sembliez ouverte à un élargissement des critères d’admissibilité à l’aide médicale à mourir. La dignité et la capacité d’autodétermination des Québécois devraient être une priorité dans tous les domaines.

Nous sommes tous égaux face à la mort, aussi bien faire en sorte que tous la vive dignement.

Karolane Carrière, Dany Gauthier et Gisèle Gaëlle Pygnol, étudiantes en techniques de travail social au cégep du Vieux-Montréal

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Yvon Bureau
Yvon Bureau
2 années

Lettre au Réseau québécois de Soins palliatifs

Les soins de fin de vie : LE phare

Les 8, 9 et 10 mai prochains, à Montréal, ce sera votre 29e Congrès. Son titre : Les soins palliatifs, un phare pour la vie. Un titre agréable et intéressant, mais malheureusement insuffisant et non suffisamment porteur de lumière.

LE phare, en 2019, dans l’univers du mourir éclairé et libre, ce sont les Soins de fin de vie (SFV). Ces soins donnent pleine lumière aux personnes en fin de vie ou rendues à la fin de leur vie; même plus, ils deviennent LA référence pour leurs proches et pour leurs soignants. Ces soins leur donnent toute l’information sur leurs droits et surtout sur leur liberté de choix. Ces soins deviennent la plus grande source de l’ultime respect pour chaque personne éclairée et libre dans la dernière étape de SA vie.

Les finissants de la vie savent ainsi qu’ils peuvent choisir entre les soins de confort (soins palliatifs), le refus de tout traitement avec médicaments efficaces contre la douleur même si cela hâte le moment de la mort, la sédation palliative continue (terminale) et l’aide médicale à mourir (AMM). Et tout cela, en toute légalité.

Nous sommes à l’aube du 1e Congrès québécois des soins de fin de vie. Les soins palliatifs en feraient partie, bien sûr! Ensemble, nous installerions et alimenterions un phare pour une fin de la vie plus sereine, plus éclairée et plus libre, un phare pour mieux mourir respecté jusqu’à sa fin.

Mourir éclairé. Mourir libre. Mourir respecté. Sérénité augmentée. Deuil facilité.

Vraiment, la dignité passe tellement par le respect de la liberté de choix.

Gratitude aux personnes œuvrant dans votre Réseau. Il est réconfortant de les espérer désormais majoritairement ouverts à tout l’univers des soins de fin de vie.

Fructueux, généreux et confiant 29e congrès!

Yvon Bureau
Travailleur social
Consultant bénévole pour un mourir digne et libre
Coprésident du Collectif Mourir digne et libre

ybbureau@videotron.ca
http://www.collectifmourirdigneetlibre.org/blog.php

Québec, 6 mai 2019
Cc Médias