Près du tiers des jeunes Québécois vapotent

Près du tiers des jeunes Québécois vapotent
(Photo : Lindsay Fox - Pixabay)

Dans le cadre d’une initiative dénonçant les dangers du vapotage chez les jeunes, le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS) dévoile que 5% des parents pensent que leurs enfants le font. La réalité est toutefois jusqu’à 6 fois plus grande. En effet, le pourcentage de jeunes ayant vapoté dans les 30 derniers jours a doublé en 2 ans, passant de 16,3% à 31,7%.

«En tant que pédiatre dédié à la toxicomanie au Québec, j’ai siégé sur plusieurs comités consultatifs et nous n’avons jamais vu un produit créant une dépendance gagner si rapidement en popularité chez les adolescents, souligne le pédiatre et clinicien-chercheur spécialisé en médecine de l’adolescence et toxicomanie, CHU Sainte-Justine, et porte-parole de la campagne Nicholas Chadi. C’est particulièrement inquiétant. Malheureusement, la dépendance à la nicotine peut s’installer beaucoup plus rapidement chez les adolescents que chez les adultes. Ainsi après quelques semaines, voire quelques jours de vapotage, ils peuvent déjà être dépendants.»

On observe une hausse fulgurante de la consommation des produits de vapotage chez les jeunes dans les dernières années.

«Les adolescents en quête d’un buzz utilisent la vapoteuse un peu comme une drogue. Le phénomène s’appelle le dosing. Certains inhalent au point de s’évanouir ou de vomir en raison des fortes doses de nicotine», précise-t-on, en rappelant que la nicotine contenue dans les cigarettes électroniques peut nuire au développement du cerveau des adolescents, à la mémoire et à la concentration, diminuer le contrôle des impulsions et être associée à des problèmes cognitifs et comportementaux à long terme.

«On ne connaît pas encore tous les effets de la cigarette électronique sur la santé, ajoute Nicholas Chadi. Cependant, des études indiquent qu’elle pourrait augmenter les risques de maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Une chose est certaine, vapoter crée une dépendance qui s’installe souvent à long terme et peut avoir des répercussions insoupçonnées.»

En effet, les cartouches des cigarettes électroniques peuvent contenir de hautes doses de nicotine, les mêmes que celles contenues dans un paquet de cigarettes, par exemple. Les nouvelles générations de vapoteuses contiennent des sels de nicotine qui ont la particularité de ne pas irriter la gorge, limitant ainsi le niveau d’inconfort et permettant l’inhalation de fortes doses.

«À la lumière de ces données, il y a une réelle nécessité de débanaliser le vapotage chez les jeunes, de comprendre les risques liés à celui-ci et de réaliser que les produits sont très attirants pour eux, indique de son côté la directrice générale du Conseil québécois sur le tabac et la santé Annie Papageorgiou. Nous ne voulons pas voir émerger une nouvelle génération de fumeurs. Nous devons mieux encadrer les produits de vapotage, en éliminant les saveurs et en contrôlant le taux de nicotine par exemple, sans oublier de sensibiliser les jeunes sur les risques liés au vapotage.»

Texte de Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L’Hebdo Journal

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