Ruée vers les détaillants de tissus sur la Rive-Sud

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Par Audrey Leduc-Brodeur
Ruée vers les détaillants de tissus sur la Rive-Sud
Les gens ont fait la file, le mardi 26 mai. (Photo : Gracieuseté)

Alors que le confinement a eu des effets dévastateurs dans certains secteurs économiques, les détaillants de tissus font quant à eux des affaires d’or. Des couturières improvisées veulent se fabriquer des masques, tandis que celles de profession tentent de pallier la demande.

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Les magasins Club Tissus, dont le siège social est dans l’arr. de Saint-Hubert, ont vendu 20 fois plus d’items en ligne pendant la pandémie qu’en temps normal, rapporte le PDG de la compagnie québécoise.

«La couture est revenue en force il y a environ cinq ans, lorsque le mouvement Do it yourself a pris de l’ampleur. Mais avec les masques et l’interdiction de sortir de la maison, ç’a explosé», affirme Frédérick Guérin pour expliquer ce succès.

Ce dernier indique que plus de 300 personnes faisaient la file à sa succursale de Saint-Hubert, le mardi 26 mai, lorsque ses portes ont rouvert après deux mois de fermeture forcée. La plupart recherchaient les meilleurs tissus de coton et s’approvisionnaient en élastique, le Saint-Graal du couturier aguerri. Plusieurs détaillants ont eu peur d’en manquer, mais pas Club Tissus.

«Nous ne sommes pas inquiets, puisque nous avons reçu un million de mètres d’élastique en provenance de la Turquie», explique M. Guérin.

Même constat que du côté de Fabricville, dont l’une de ses succursales est dans l’arr. de Greenfield Park. Sa clientèle jette son dévolu sur «les cotons et les élastiques pour la fabrication des masques, ainsi que tout autre matériel nécessaire à la fabrication d’équipement de protection individuelle», souligne Ricki Carr, vice-présidente des opérations en magasin. Les ventes en ligne ont aussi augmenté à cet endroit.

Signe que l’engouement pour la couture n’est pas près de s’estomper: Club Tissus a partagé un tutoriel vidéo pour fabriquer un masque qui a été visionné plus de 50 000 fois depuis sa mise en ligne.

«C’est un passe-temps assez accessible, car ça prend essentiellement une machine à coudre de base», fait remarquer M. Guérin.

Valoriser les couturières

Chez Tissus du Québec, les clients ont dépoussiéré leur vieille machine, alors que d’autres s’offrent de nouveaux équipements, constate Anne-Marie Lussier, la fille des propriétaires de l’entreprise qui exploite un commerce à La Prairie, notamment. Ceux qui n’en ont pas se font référer à des couturières.

«J’ai beaucoup de respect pour les couturières. Certaines d’entre elles travaillent jusqu’à 1h du matin pour fabriquer suffisamment de masques.» -Anne-Marie Lussier, Tissus du Québec

«Ils redécouvrent le plaisir de coudre. Pendant notre fermeture, nous avons dû prendre des rendez-vous pour que les clients puissent récupérer leur matériel en boutique, en plus des commandes en ligne, raconte Mme Lussier, dont le fils de 17 ans s’est lui-même mis à la couture. Ce n’est pas sorcier. Il y a plusieurs vidéos sur YouTube pour y parvenir.»

Bien qu’elle comprenne que les circonstances soient difficiles à tous les égards, Mme Lussier se réjouit néanmoins que le métier de couturière soit mieux reconnu par le public grâce à la pandémie. Elle souhaite qu’il demeure valorisé au-delà de la crise actuelle.

«Ce sont des femmes de cœur qui travaillent minutieusement pour rendre service aux gens, résume-t-elle. Nous leur avons ouvert les portes de notre boutique de façon contrôlée pendant le confinement parce qu’elles étaient dépourvues de matériel, alors qu’elles voulaient aider des services de garde et des écoles, par exemple.»

Par ailleurs, Mme Lussier applaudit le calme et la patience de ses clients qui se présentent en magasin depuis la réouverture lundi.

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