Le Comité logement Rive-Sud est inquiet à l’approche du 1er juillet

Photo de Geneviève Michaud
Par Geneviève Michaud
Le Comité logement Rive-Sud est inquiet à l’approche du 1er juillet
(Photo : Archives - Le Courrier du Sud)

Alors que la pandémie a accentué les problèmes pour la recherche de logements, «le jeu de la chaise musicale qui se fait le 1er juillet a été chamboulé, entre autres à cause des maisons et des logements neufs qui ne seront pas prêts à temps», expose le directeur général du Comité logement Rive-Sud Marco Monzon. Et plusieurs villes tardent à mettre en place des mesures pour faire face à une éventuelle crise du logement, déplore-t-il.

À LIRE AUSSI: Crise du logement: 42 ménages ont placé une demande d’aide à Longueuil
Crise du logement et pandémie: des organismes anticipent un 1er juillet laborieux

La crise du logement doit être une priorité, clament les organismes

71% des locataires de l’agglomération ont déjà vécu un problème d’insalubrité

Quelques dizaines de ménages locataires de la Montérégie, dont plusieurs dans l’agglomération de Longueuil, seraient toujours en recherche de logement, n’ayant pas réussi à signer un bail pour le 1er juillet.

Un taux d’inoccupation très faible

Selon les derniers chiffres de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation des logements se situait à 1,4% dans l’agglomération de Longueuil en octobre 2019. Un pourcentage dangereusement bas, alors que le taux d’équilibre est fixé à 3%.

La situation serait particulièrement difficile pour les familles à faible revenu, le taux d’inoccupation des logements de 3 chambres et plus dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal n’étant que de 0,7% en 2019. De plus, le prix de nombreux loyers étant trop élevé pour ces ménages, les logements qui leur sont accessibles sont par conséquent encore moins nombreux.

Des villes peu mobilisées

Le directeur général du Comité logement Rive-Sud est préoccupé par le peu d’actions posées par certaines villes de l’agglomération en prévision du 1er juillet.

«Longueuil, la Ville la plus populeuse, a pris ses responsabilités et c’est une bonne nouvelle, explique-t-il. Elle a pris le lead, mais malheureusement, ça ne s’est pas propagé au reste des villes de l’agglomération.»

Longueuil a entre autres mis en place un numéro unique pour les locataires qui se retrouveraient à la rue le 1er juillet, via sa ligne 311, en plus de prévoir de l’hébergement temporaire.

Du côté de Brossard, des mesures d’aide sont également prévues, «mais la Ville a dû être sensibilisée, parce qu’elle ne se sentait pas concernée», déplore M. Monzon.

Les autres villes de l’agglomération ont accusé réception des demandes du Comité logement et des autres organismes de la Rive-Sud, sans plus.

«Saint-Lambert, Saint-Bruno et Boucherville ont des taux d’inoccupation très bas, rappelle le directeur général. Et comme elles ont la réputation d’être des villes riches, on oublie parfois qu’il y a des gens en situation précaire qui s’y trouvent.»

Investir dans le logement social

Pour les organismes de l’agglomération, la vraie solution à la crise du logement passe d’abord et avant tout par le logement social.

«Le logement social, ça fait partie du filet social, soutient Caroline Vohl, du Comité logement Rive-Sud. Si on veut mettre tous les ménages à l’abri des crises économiques, sanitaires ou climatiques, incluant les locataires plus vulnérables, et si c’est une vraie priorité, il faut investir dans un grand chantier de logement sociaux.»

«Nous estimons qu’il faut un minimum de 500 unités par année sur 5 ans sur le territoire de l’agglomération de Longueuil, ajoute le coordonnateur de la Maison La Virevolte Guy Levesque. Il est également impératif que les villes mettent en place une réserve foncière de terrains destinés spécifiquement au développement de logements sociaux et communautaires.»

La réponse des villes

Au moment de mettre sous presse, seule la Ville de Brossard avait répondu aux demandes du Courrier du Sud concernant les mesures mises en place en prévision d’une possible crise du logement.

«La Ville a une entente de services avec la Croix Rouge pour venir en aide aux gens qui se retrouveraient sans logis, pour leur offrir temporairement de l’hébergement et de la nourriture, explique le directeur des communications de Brossard Alain Gauthier. Deux demandes d’aide ont été reçues jusqu’à présent. Une famille a été assistée dans la recherche d’un logement et la signature de son bail. Une autre famille est en processus, mais a eu l’autorisation de son propriétaire de rester dans son logement pour un mois supplémentaire.»

M. Gauthier salue la belle concertation des organismes du milieu, dont le Réseau d’habitations chez soi, la Maison internationale de la Rive-Sud et l’Office municipal d’habitation de Longueuil.

 

Pour obtenir de l’aide

  • Longueuil: 311
  • Brossard: 450 923-6311
  • Boucherville: 450 449-8100
  • Saint-Bruno-de-Montarville: 450 653-2443
  • Saint-Lambert: 450 672-4444

 

Taux d’inoccupation dans l’agglomération de Longueuil

  • Boucherville: 0,4%
  • Brossard: 2,9%
  • Longueuil: 1,5%
  • Saint-Bruno-de-Montarville: 0,6%
  • Saint-Lambert: 1,6%

(Source: Données d’octobre 2019 de la SCHL)

 

Taux d’inoccupation dans la RMR de Montréal

  • Studios: 3,2%
  • Logements de 1 chambre: 1,6%
  • Logements de 2 chambres: 1,4%
  • Logements de 3 chambres et plus: 0,7%

(Source: Données de 2019 de la Communauté métropolitaine de Montréal)

 

Loyer mensuel moyen dans l’agglomération de Longueuil

  • Boucherville: 856$
  • Brossard: 928$
  • Longueuil: 826$
  • Saint-Bruno-de-Montarville: 979$
  • Saint-Lambert: 962$

(Source: Données d’octobre 2019 de la SCHL)

 

Loyer mensuel moyen dans la RMR de Montréal

  • Studios: 655$
  • Logements de 1 chambre: 754$
  • Logements de 2 chambres: 855$
  • Logements de 3 chambres et plus: 1070$

(Source: Données de 2019 de la Communauté métropolitaine de Montréal)

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des