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Aéroport de Saint-Hubert: l’idée d’un couvre-feu en cours d'analyse

jeudi le 23 septembre 2021
Modifié à 13 h 47 min le 23 septembre 2021
Par Ali Dostie

L'aéroport de Saint-Hubert (Photo: Le Courrier du Sud - Archives)

De l’aveu du président du conseil d’administration de DASH-L Charles Vaillancourt, les vols de nuits effectués par des avions bruyants sont «loin d’être quelque chose de souhaitable» à l’Aéroport de Saint-Hubert. Quoique complexe, l’avenue d’un couvre-feu figure même dans les réflexions.

«C’est ce qu’on est en train d’analyser», évoque Charles Vaillancourt, en entrevue.

Il explique toutefois que la situation à l’aéroport rend l’application d’une telle restriction délicate.

«Quand Chrono Aviation est arrivé, il n’y avait pas de couvre-feu à l’aéroport. Maintenant, si on veut l’imposer après les faits, ç’a des conséquences sur les opérations. Il faut voir comment ça pourrait se faire», avance-il prudemment.

La grogne contre les vols de nuit se fait entendre tout particulièrement depuis l’arrivée de Chrono Aviation à l’Aéroport de Saint-Hubert, en 2019. Elle est aussi surtout dirigée vers les vols de Boeing 737-200, qui réveillent des citoyens habitant à proximité, et jusqu’à Saint-Bruno-de-Montarville.

«En ce moment, il y a des vols de nuit qui ne suscitent aucune plainte. On a un problème avec les vols vers le Grand Nord, et leur horaire, observe M. Vaillancourt. Les vols de nuit, ce n’est pas la façon dont on veut se développer. Il faut se pencher un peu plus sur cette question.»

Un appareil de Chrono Aviation (Photo: Le Courrier du Sud - Archives)

La Ville «bien représentée»

Appelé à réagir sur la récente position de Longueuil Citoyen en faveur d’une reprise de contrôle du développement de la zone aéroportuaire par la Ville, M. Vaillancourt rappelle que la Ville de Longueuil nomme trois membres au conseil d’administration, dont lui-même et le directeur général Patrick Savard.

«La Ville est très bien représentée, estime-t-il. Je serais intéressé de voir ce qu’il veut dire pas "reprendre le contrôle"».

En 2018, DASH-L a revu son processus de nomination, de sorte que neuf entités nomment les onze administrateurs. Auparavant, le conseil municipal décidait de l’entièreté du C.A.

Depuis, les mandats de deux ans sont aussi renouvelables. Ces changements visaient, selon DASH-L, à accorder plus de stabilité et à rassurer les investisseurs intéressés par l’aéroport.

M. Vaillancourt a aussi défendu les raisons pour lesquelles il n’y a pas d’opérateur qui siège au conseil d’administration, un reproche formulé par le président de Nolinor Aviation, Marco Prud’homme.

«Tu n’as pas le droit de siéger au C.A. si tu as des opérations commerciales à l’aéroport, pour éliminer les conflits d’intérêts», justifie-t-il.

M. Vaillancourt soutient qu’un comité des opérateurs a été créé et peut formuler des doléances au C.A.
En réaction aux propos du candidat à la mairie Jean-Marc Léveillé, qui a avancé que l’aéroport a plus besoin de Longueuil que l’inverse, M. Vaillancourt a évoqué l’argument fiscal.

«Le compte de taxes de l’Aéroport va doubler; 35% des revenus retournent à la Ville, sous forme de taxes, c’est le plus haut poste budgétaire.»

Il demande si DASH-L pourrait se voir exempter de payer une partie de ces taxes si des restrictions comme un couvre-feu s’appliquaient, étant donné le risque de faire fuir des opérateurs.

Vers un aéroport «utile» aux citoyens

Tant des candidats des élections fédérales qui ont pris fin cette semaine que ceux de la campagne électorale municipale se sont prononcé sur la vision de développement qu’imagine DASH-L pour l’aéroport.

Cette vision prévoit la bonification des vols régionaux et vers d’autres villes canadiennes, mais c’est plutôt le souhait de développement de vols internationaux offerts par des transporteurs à rabais qui a suscité des réactions et inquiétudes, particulièrement en matière de bruit et d’impacts environnementaux.

La candidate à la mairie Catherine Fournier proposait entre autres de négocier la cessation des vols de nuits, et la candidate Josée Latendresse, de Longueuil Ensemble, invitait DASH-L à proposer un modèle d'affaires plus «visionnaire» et «soucieux» de la population et de l'environnement.

DASH-L souhaite que l’Aéroport de Saint-Hubert fasse concurrence à l’Aéroport de Plattsburgh, auquel des Québécois ont recours pour s’envoler vers le Sud.

Charles Vaillancourt défend toujours ce plan.

«Je crois qu’il faut qu’on explique davantage notre plan. On veut que l’aéroport devienne utile pour les citoyens d’ici. On croit que l’acceptabilité sociale sera là quand les gens y trouveront un bénéfice. Actuellement ce n’est pas le cas.»
Ces vols seraient effectués par «des avions modernes et plus silencieux», et pas la nuit, dit le président du C.A.

 

 

 

 

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